Synonymespour la definition "Berceau de la Route de la Soie du Sud" avec la liste des solutions classés par nombre de lettres Cookies Utilisation de cookies et protection vos données. Notre organisation et ses partenaires peuvent stocker et/ou accÚder à des informations sur votre appareil, telles que les identifiants uniques de cookies pour traiter les données
LA CHINAFRIQUE » Depuis sa dĂ©couverte par des puissances europĂ©ennes l’Afrique fait l’objet de nombreuses convoitises. Du commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les AmĂ©riques aux diffĂ©rents coups d’Etat orchestrĂ©s sinon soutenus par divers pays, l’Histoire de ce continent est malheureusement faite d’exploitation. Celle-ci s’exprime notamment par les diffĂ©rentes colonies dont disposait la France, l’Italie, l’Allemagne ou encore la Belgique avec le Congo. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et les diffĂ©rents mouvements d’indĂ©pendance des pays africains, le continent compte aujourd’hui 54 pays. Ces acteurs reprĂ©sentent une grande rĂ©serve d’alliĂ©s dans la communautĂ© internationale, ainsi que des partenaires commerciaux stratĂ©giques. Longtemps l’apanage de la France avec la Françafrique », le continent berceau du monde change d’alliĂ© » en se dĂ©tournant de l’Occident pour regarder vers l’Asie et la Chine. Comme Ă©voquĂ© dans notre prĂ©cĂ©dent article, ce rapprochement n’est pas rĂ©cent puisqu’il puise son origine de la confĂ©rence de Bandung en 1955. Une confĂ©rence sur laquelle nous reviendrons afin de comprendre l’intĂ©rĂȘt chinois pour l’Afrique, le basculement de la Françafrique Ă  la Chinafrique, et l’aide dĂ©tournĂ©e » de la Chine au continent africain. DE LA FRANCAFRIQUE A LA CHINAFRIQUE CHANGEMENT DE PARTENAIRE Un des principaux objectifs de la RĂ©publique Populaire de Chine lors de sa proclamation en 1949 fut la reconnaissance internationale. Le gouvernement chinois ayant fui sur l’üle de TaĂŻwan, la bataille entre ces deux entitĂ©s pour obtenir la place la plus lĂ©gitime Ă  l’ONU Ă©tait importante. Pour faire pencher la balance de son cĂŽtĂ©, le gouvernement de Mao dĂ©cida de participer Ă  la confĂ©rence de Bandung organisĂ©e en 1955. RĂ©unissant Nehru Inde, Nasser Égypte ou encore Soekarno IndonĂ©sie pour ne citer qu’eux, cette confĂ©rence fut la premiĂšre Ă  affirmer les droits des pays dĂ©colonisĂ©s du tiers-monde, notamment le droit et la volontĂ© de ne pas s’aligner sur la politique des blocs amĂ©ricain et russe ; d’oĂč naitra l’appellation du mouvement des non-alignĂ©s ». Le ralliement de la RĂ©publique Populaire de Chine Ă  ce parti lui vaudra les faveurs de nombreux pays africains. De cette façon, TaĂŻwan fut poussĂ©e petit Ă  petit Ă  la porte de l’Afrique. Aujourd’hui, la Chine est soutenue par la plupart des pays africains Ă  l’ONU, seule une poignĂ©e privilĂ©giant la Chine insulaire Ă  la Chine continentale. Les objectifs de la Chine ne semblent pas seulement commerciaux mais Ă©galement d’ordre diplomatique. Cette volontĂ© pousse le gouvernement de Xi Jinping Ă  continuer de porter assistance Ă  l’Afrique en lieu et place de ses anciens partenaires europĂ©ens, au premier rang desquels figure la France. Si les desseins peuvent varier, le fond n’en reste pas moins le mĂȘme. L’Occident estime avoir un devoir d’accompagner l’Afrique sur la route de la dĂ©mocratie et du libĂ©ralisme Ă©conomique, lĂ  oĂč la Chine s’appuie sur une coopĂ©ration Sud-Sud » de nations historiquement dominĂ©es par le Nord. Mais ces nobles ambitions sont nourries par une volontĂ© commune de pillage » Ă©conomique accĂšs aux ressources naturelles et/ou marchĂ© africain et une mĂȘme logique gĂ©opolitique et diplomatique conserver ou renforcer son influence dans la rĂ©gion. Cette appĂ©tence de l’Occident et de la Chine pour l’Afrique s’est nĂ©anmoins manifestĂ©e diffĂ©remment. Alors que l’Europe conditionne son aide Ă  la mise en place d’une dĂ©mocratie, d’une bonne gouvernance Ă©conomique et une coopĂ©ration dans la lutte contre le terrorisme, l’Empire du milieu n’a cure de ces prĂ©occupations. Au nom de la coopĂ©ration Sud-Sud », la Chine prĂŽne une non-ingĂ©rence dans les affaires intĂ©rieures africaines et pose aucune condition concernant le rĂ©gime politique ou l’économie du pays. Les pays africains accueillent donc l’aide chinoise avec ferveur. Mais la vertu n’est pas la chasse gardĂ©e de l’Occident. Certaines aides ou programmes ne garantissent ou ne mettent en avant en rien les valeurs prĂŽnĂ©es par l’Europe. Le meilleur exemple de ce changement de partenaire est le train d’Addis Abeba en Éthiopie. La Chine a prĂȘtĂ© plus de 4 milliards de dollars pour financer la construction d’une ligne entre la capitale Ă©thiopienne et Djibouti, ligne construite 100 ans plus tĂŽt par la Compagnie du chemin de fer franco-Ă©thiopien. Le projet de nouvelles routes de la soie est vu comme une Ă©norme opportunitĂ© pour les pays du plus vieux continent du monde. L’amitiĂ© entre ces derniers et PĂ©kin est rĂ©guliĂšrement rappelĂ©e lors de confĂ©rences ou sommets sino-africains. Depuis 2000, le forum sur la coopĂ©ration sino-africaine se rĂ©unit tous les 3 ans pour exposer de nouveaux projets. Des partenariats de dĂ©fense sont Ă©galement organisĂ©s. Ce marchĂ© entre l’Afrique et la Chine est prĂ©sentĂ© comme gagnant gagnant » par Xi Jinping, mais l’est-il vraiment ? UNE COOPÉRATION NORD-SUD Depuis la fin des annĂ©es 1990 les objectifs de la Chine en Afrique ont Ă©voluĂ© d’abord d’ordre Ă©conomique avec un accĂšs aux matiĂšres premiĂšres et produits agricoles, puis par l’achat d’entreprises d’extraction et d’importation pour faire venir ses produits sur le continent, et enfin par l’exploitation du besoin en infrastructures. Mais la diplomatie n’en a pas pour autant perdu de son importance, la Chine se prĂ©sentant comme une alternative Ă  l’Occident et entraĂźnant avec elle d’autres pays comme l’Inde, le BrĂ©sil et la Turquie. Selon le programme de recherche China Africa Research Initiative, la Chine Ă  travers son gouvernement, ses banques et entreprises aurait accordĂ© 125 milliards de dollars de prĂȘt au continent en moins de 10 ans. Mais ces aides ne sont pas distribuĂ©es n’importe oĂč. Si les premiers bĂ©nĂ©ficiaires sont parmi les plus forts Ă©conomiquement en Afrique, Afrique du Sud, Égypte ou encore Nigeria, d’autres comme Madagascar ou le Sri Lanka sont pris au piĂšge. En 2016 un accord-cadre est signĂ© entre Madagascar et un consortium chinois afin de confĂ©rer Ă  l’Ile une vĂ©ritable Ă©conomie bleue. Mais trĂšs vite les pĂȘcheurs de cette derniĂšre sont submergĂ©s de bateaux chinois venu pĂȘcher dans leurs eaux. Cet accaparement des ressources naturelles fait partie d’une stratĂ©gie chinoise appelĂ©e loan-to-own » prĂȘter pour possĂ©der. Les pays occidentaux ont pu se montrer frileux Ă  l’idĂ©e de prĂȘter aux pays africains. Dans le but de s’éviter d’éventuelles difficultĂ©s de paiement de la part du pays dĂ©biteur, la Chine se paie en ressources naturelles. Et si cela ne peut ĂȘtre fait, elle peut prendre le contrĂŽle de la souverainetĂ© de l’infrastructure qu’elle a construite, comme Ă  Gwadar. Mais cette aide chinoise est Ă©galement diffĂ©rente de l’aide occidentale. Lorsqu’un pays europĂ©en investit en Afrique, ce sont les travailleurs sur place qui effectuent les travaux. Lorsqu’un entrepreneur chinois souhaite bĂątir, ce sont les entreprises chinoises et leurs travailleurs qui viennent sur place au dĂ©triment de la main d’Ɠuvre locale. De plus, les subventions pour les constructions de bĂątiments d’utilitĂ© publique comme les routes, ou de prestige comme un palais prĂ©sidentiel, sont conditionnĂ©es Ă  la concession d’exploitations miniĂšres ou pĂ©troliĂšres. Les relations entre Zhongnanhai le siĂšge du gouvernement de la RĂ©publique Populaire de Chine et l’Afrique ressemblent aux relations entre le Nord et le Sud des investissements en Ă©change d’un accĂšs aux matiĂšres premiĂšres sĂ©curisĂ©. L’Afrique ne tient qu’un rĂŽle de fournisseur et d’immense rĂ©servoir pour dĂ©verser les produits chinois et fournir du travail Ă  ces entreprises. La Chine est en train de mettre la main sur un immense continent regorgeant de ressources, et ce, au dĂ©triment des normes sociales, politiques et environnementales. La diplomatie chinoise n’a jamais Ă©tĂ© aussi forte, ce qui constitue un nouveau dĂ©fi pour l’Europe. MĂȘme si son importance ne doit pas ĂȘtre exagĂ©rĂ©e en 2011 l’UE Ă©tait le premier partenaire de l’Afrique avec 20 % de ces Ă©changes, contre 7 % pour la Chine celle-ci ne fait qu’augmenter. De plus, l’implantation de la premiĂšre base chinoise militaire Ă  l’étranger ne fait qu’écho Ă  l’intensification de la prĂ©sence chinoise en Afrique. Alors qu’elle avait toujours jurĂ© de ne pas le faire pour ne pas ressembler Ă  l’Occident, la Chine a ouvert une base Ă  Djibouti, non loin de celle des AmĂ©ricains, Français ou Italiens. Ces relations tendent Ă  renforcer l’influence chinoise via son soft power, et c’est peut-ĂȘtre lĂ  que rĂ©side le point essentiel. CONCLUSION A travers ce projet pharaonique des nouvelles routes de la soie, la Chine entend diffuser son modĂšle partout oĂč ses routes passent. Afin de se relever du siĂšcle de la Honte, la culture chinoise est mise en avant. Xi Jinping reprend un glorieux passĂ© pour mieux assurer l’avenir. Ce projet s’étend sur les mers et les terres, et chaque partenaire sera obligatoirement influencĂ© par PĂ©kin. Que cela soit l’ouverture d’institut Confucius Ă  travers les pays prĂ©sents sur ces routes afin d’implanter ou de renforcer la vision du monde chinoise, ou bien via des films comme Wolf Warrior 2 qui promeut une amitiĂ© sino-africaine ; la Chine cherche Ă  Ă©tendre son soft power et Ă  s’imposer comme le modĂšle dominant. Mais l’Occident n’a certainement pas dit son dernier mot. Que cela soit en Afrique ou en Chine, les Ă©lites continuent de reproduire le mode de vie europĂ©en en matiĂšre de mode ou de goĂ»ts. Le soft power chinois ne cesse de s’accroĂźtre, mais l’influence culturelle occidentale Ă  encore de beaux jours devant elle. Sources Toutcommence par la dĂ©couverte de la route du Cap Ă  l’extrĂȘme sud de l’Afrique suivie de l’arrivĂ©e et l’installation en 1652 des colons PĂ©kin accueille jusqu'Ă  samedi un sommet sur les "Nouvelles routes de la soie". L'UE et l'Allemagne sont sceptiques sur le "gagnant-gagnant". PrĂšs d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  PĂ©kin, en tĂȘte desquels Vladimir Poutine. L'Allemagne est reprĂ©sentĂ©e par son ministre de l'Economie, Peter Altmaier. Vladimir Poutine et Xi Jinping Ce projet, qui s'appelle dĂ©sormais "Initiative ceinture et route", est dĂ©sormais au cƓur de la politique Ă©trangĂšre chinoise. La Chine veut Ă©tendre son influence en tissant des liens commerciaux entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe, en Ă©change de quoi PĂ©kin promet aux Etats partenaires des investissements renforcĂ©s. Infrastructures en masse "Une coopĂ©ration pour des intĂ©rĂȘts communs" voilĂ  un des slogans inscrits sur les drapeaux qui bordent les grands axes de PĂ©kin durant le sommet sur les "Nouvelles routes de la soie". Un Ă©tendard brandit haut par le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, qui se fĂ©licite du fait que "ces six derniĂšres annĂ©es, certains pays se sont dotĂ©s de leur premiĂšre voie rapide. D'autres ont pu grĂące Ă  l'initiative des "Nouvelles routes de la soie" construire un port et ainsi avoir accĂšs Ă  l'ocĂ©an. Ou commencer Ă  construire des infrastructures industrielles." La Chine finance des infrastructures, promet des investissements, un dĂ©veloppement Ă©conomique. Les "Nouvelles routes de la soie" de la Chine "Gagnant-gagnant" pas trĂšs Ă©quitable Mais jusqu'Ă  prĂ©sent, sous couvert de "gagnant-gagnant ", ce sont surtout les entreprises chinoises qui profitent de la coopĂ©ration elles rĂ©alisent 90% des projets lancĂ©s dans le cadre de cette coopĂ©ration. Les EuropĂ©ens voient d'un Ɠil critique les crĂ©dits accordĂ©s massivement par la Chine Ă  des Etats faibles qui tombent ainsi dans le piĂšge de l'endettement. Jörg Wuttke, ancien prĂ©sident de la chambre de commerce UE-Chine, cite l'exemple d'une autoroute, construite au MontĂ©nĂ©gro par des entreprises chinoises et financĂ©e par des emprunts contractĂ©s... auprĂšs de la Chine "Chaque kilomĂštre a coĂ»tĂ© 20 millions de dollars", explique-t-il. "Pour le MontĂ©nĂ©gro, ça reprĂ©sente 40% de son PIB. Et aprĂšs toutes les Ă©tudes de faisabilitĂ©, il a Ă©tĂ© clair que le MontĂ©nĂ©gro ne pourrait jamais rembourser. Le pays se retrouve alors endettĂ© et on peut se demander que vont faire les Chinois avec ce dĂ©biteur qu'est le MontĂ©nĂ©gro ?" L'Allemagne entre deux chaises L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne n'ont toujours pas signĂ© la dĂ©claration sur l'"Initiative ceinture et route". Le projet manque pour elles de transparence, de rĂšgles du jeu Ă©quitables. Le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier CDU, appelle au respect de standards internationaux sociaux, environnementaux et dans l'attribution des marchĂ©s. Comme les entrepreneurs allemands rĂ©unis au sein du BDI, le ministre est tiraillĂ© entre le volume desdits marchĂ©s, non nĂ©gligeables, et la peur de la concurrence dĂ©loyale. En Europe, la Chine a dĂ©jĂ  fait main basse sur plusieurs fleurons de l'Ă©conomie. En Allemagne, elle lorgne sur des entreprises de machines-outils ou encore sur le port de la ville de Duisburg. En plus de son nouveau mĂ©canisme de contrĂŽle des investissements Ă©trangers, le gouvernement allemand se dit prĂȘt Ă  subventionner certains emplois et Ă  investir dans le secteur de l'innovation pour contrer l'offensive commerciale de la Chine. Mais l'Union europĂ©enne n'a pas de position unitaire vis-Ă -vis de la stratĂ©gie chinoise. Les pays membres de l'initiative chinoise en Europe L'Italie se rallie L'Italie a Ă©tĂ© le premier pays du G7 Ă  rejoindre le projet de PĂ©kin, pour l'extension du port de GĂȘnes, ce qui lui a valu d'ĂȘtre critiquĂ©e par les autres puissances europĂ©ennes. La directrice gĂ©nĂ©rale du Fonds monĂ©taire international, Christine Lagarde, est Ă©galement prĂ©sente Ă  PĂ©kin. Elle appelle de ses vƓux "une rĂ©gulation financiĂšre saine, des rĂšgles transparentes pour l'investissement et l'attention Ă  la pĂ©rennitĂ© budgĂ©taire". Par ailleurs, la patronne du FMI a saluĂ©, "le travail qui dĂ©marre maintenant pour faire en sorte que les projets des Nouvelles routes de la soie soient verts, faibles en carbone et durables pour le climat".
Unvoyage en Iran, l’ancienne Perse, permet d’aller Ă  la rencontre du berceau des civilisations, lieu d’échanges, de culture et de traditions entre les peuples d’Occident et d’Orient et aussi une Ă©tape importante sur les Routes lĂ©gendaires de la Soie car l’Iran est situĂ© au carrefour des terres, des peuples et des influences de la Turquie, de la Russie, des pays arabes et
Le 1er janvier 2107, le premier train de marchandises chinoises a entamĂ© son voyage de 12 000 km vers Londres depuis la ville industrielle de Yiwu dans l’est de la Chine. Ce train fait partie du projet Une rĂ©gion, une route » one belt, one road qui relie l’Est Ă  l’Ouest et sert Ă  renforcer l’influence mondiale de la Chine. Londres est le dernier arrĂȘt sur un long et complexe rĂ©seau de routes commerciales que la Chine a créées ces derniĂšres annĂ©es. L’Asie centrale est devenue la direction principale du dĂ©veloppement des projets d’infrastructures chinoises. La Chine a Ă©galement l’intention de dĂ©velopper ses liens commerciaux et d’investir en Europe, avec un rĂ©seau ferroviaire sur 39 itinĂ©raires et reliant 16 villes chinoises Ă  15 villes europĂ©ennes. Il traverse l’Asie centrale pour aller vers l’Iran, la Turquie, la Russie, la Pologne, l’Espagne et d’autres pays d’Europe. AprĂšs avoir acquis le titre de l’usine du monde », la Chine est passĂ©e du rejet du capitalisme Ă  son acclimatation. Sa nouvelle route de la soie sert non seulement Ă  l’exportation des produits chinois, mais elle est Ă©galement utilisĂ©e pour importer en Chine la viande provenant d’Allemagne, le vin de France et le bois de Russie. Toutefois, le rĂŽle de la nouvelle route de la soie ne se limite pas au commerce. Elle fait partie de la stratĂ©gie chinoise qui vise la construction d’une sociĂ©tĂ© asiatique internationale et sert Ă  concrĂ©tiser une percĂ©e gĂ©opolitique chinoise Ă  travers toute l’Asie continentale. S’établir comme leader en Asie La Chine se montre de plus en plus autoritaire. Sa prĂ©sence Ă©conomique et militaire croissante dans la rĂ©gion de la mer de Chine mĂ©ridionale montre qu’elle a l’intention de bĂątir sa propre sphĂšre d’influence, basĂ©e sur des liens Ă©conomiques et militaires interconnectĂ©s. Ainsi, le nouveau projet Une rĂ©gion, une route » est effectuĂ© dans le cadre de l’Organisation de coopĂ©ration de Shanghai, une importante organisation de sĂ©curitĂ© rĂ©gionale, et il vise le renforcement de relations entre la Chine et les pays proches de la rĂ©gion de l’ocĂ©an Indien. Entre-temps, la Chine vise Ă©galement Ă  signer un important accord de libre-Ă©change avec l’Association des pays d’Asie du Sud-Est ASEAN, ainsi que l’Australie, l’Inde, le Japon, la RĂ©publique de CorĂ©e et la Nouvelle-ZĂ©lande. Ce projet sert de base pour la stratĂ©gie tournĂ©e vers l’Ouest et les investissements Ă©trangers directs de la Chine. Il sert Ă©galement Ă  accroĂźtre la prĂ©sence Ă©conomique chinoise dans toute l’Asie. En 2015, 44 % des projets d’ingĂ©nierie chinois Ă  l’étranger ont Ă©tĂ© effectuĂ©s dans les pays longeant la nouvelle route de la soie. En 2016, ce chiffre a atteint 52 %. Avec 4 000 milliards de dollars, ce projet reprĂ©sente le soft power Ă  grande Ă©chelle, et l’influence grandissante de la Chine inquiĂšte de plus en plus l’Inde, son rival. IntĂ©rĂȘts Ă©troitement liĂ©s La Chine prĂ©sente son projet Une rĂ©gion, une route » comme faisant partie de sa politique de voisinage » qui vise le dĂ©veloppement d’un environnement rĂ©gional favorable. Les dirigeants chinois affirment qu’ils poursuivent des objectifs communs dans la rĂ©gion, sans aucun but idĂ©ologique. À la place, ils mettent l’accent sur l’engagement pratique des États de la rĂ©gion les projets d’investissement utilisent l’acier, le bĂ©ton et autres produits et services chinois dans l’intĂ©rĂȘt du dĂ©veloppement des pays voisins et stimulent les entreprises locales. La Chine voit ses propres intĂ©rĂȘts et ceux de ses voisins comme de plus en plus Ă©troitement liĂ©s. Les pays de l’Asie centrale manifestent leur intĂ©rĂȘt dans des investissements dans l’infrastructure, le dĂ©veloppement des ressources naturelles, l’approfondissement des compĂ©tences et, naturellement, dans la crĂ©ation de rĂ©seaux commerciaux. Les investissements dans l’économie locale contribuent non seulement au renforcement de la sĂ©curitĂ© nationale, mais aussi Ă  la stabilitĂ© de ces États. La Chine tient compte de cela et cherche des approches correspondant aux intĂ©rĂȘts communs. La Chine a lancĂ© son service de fret en Iran en 2016. EPA L’intĂ©gration par le biais de l’investissement, la construction, l’extraction des ressources naturelles et le commerce est la base de la crĂ©ation de nouvelles zones d’influence Ă©conomique. La Chine essaye de transformer l’Asie en une entitĂ© gĂ©ante interconnectĂ©e et composĂ©e de 60 pays. MĂȘme si des rĂ©gions relativement plus petites existeront toujours, il y Ă  aujourd’hui une possibilitĂ© rĂ©elle de crĂ©er une superrĂ©gion asiatique avant la fin du XXIe siĂšcle. Elle pourrait largement dĂ©passer l’Union europĂ©enne en termes d’étendue, de dimensions et de potentiel Ă©conomique. On s’attend dĂ©jĂ  Ă  ce que dans dix ans le volume du commerce dans le cadre du projet Une rĂ©gion, une route » atteigne 2 200 milliards de dollars le chiffre du commerce de l’UE est au niveau de 3 100 milliards de dollars. ConsĂ©quences de grande envergure Le succĂšs de l’initiative chinoise pourrait avoir des consĂ©quences de grande envergure pour les pays asiatiques concernĂ©s, ainsi que pour l’ensemble de la communautĂ© internationale. Alors que la Chine se dirige vers l’ouest de l’Asie, elle pourra exploiter les vastes ressources naturelles de l’Asie intĂ©rieure, ainsi que profiter de grandes rĂ©gions Ă©nergĂ©tiques autour de la mer Caspienne et du golfe Persique. Le projet Une rĂ©gion, une route » manifeste l’intention de la Chine de devenir le cƓur » du continent asiatique. Cette intention s’accorde avec ses autres prioritĂ©s stratĂ©giques en Asie – le partenariat avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est ASEAN et le renforcement de l’Organisation de coopĂ©ration de Shanghai oĂč la Chine coopĂšre avec la Russie. Ensemble, ces sphĂšres forment les trois cercles d’influence chinoise en Asie. Ils contribuent Ă  l’accroissement de la puissance de la Chine et montrent envers elle une attitude crĂ©dible, quoique peut-ĂȘtre pas toujours accueillante dans la rĂ©gion s’étendant de l’ocĂ©an Pacifique Ă  l’ocĂ©an Atlantique. Lorsde la rĂ©solution d'une grille de mots-flĂ©chĂ©s, la dĂ©finition BERCEAU DE LA ROUTE DE LA SOIE DU SUD a Ă©tĂ© rencontrĂ©e. Qu'elles peuvent ĂȘtre les solutions possibles ? Un total de 21 rĂ©sultats a Ă©tĂ© affichĂ©. Les rĂ©ponses sont rĂ©parties de la façon suivante : 1 solutions exactes 0 synonymes 20 solutions partiellement exactes La Route de la soie Ă  travers les siĂšcles Bien que la dĂ©nomination de Route de la soie soit relativement tardive, cette voie d’accĂšs commerciale existe depuis l’AntiquitĂ©. La Chine est alors le seul pays Ă  cultiver le mĂ»rier, Ă  pratiquer la sĂ©riciculture et Ă  produire des soieries. Les dĂ©couvertes archĂ©ologiques rĂ©centes attestent que dĂ©jĂ  sous les Shang et les Zhou les techniques de production de la soie ont atteint un niveau de dĂ©veloppement relativement Ă©levĂ©. Pendant cette pĂ©riode, la soie circule depuis le Nord-ouest chinois jusqu’à l’Asie centrale et l’Inde. Au dĂ©but de la dynastie des Han, en 139 av. l’empereur Wudi envoie en expĂ©dition Zhang Qian ouvrir les voies d’accĂšs vers l’ouest. En 133, l’empereur fait Ă©tablir les comtĂ©s de Jiuquan, Wuwei, Zhangye et Dunhuang, et construire des relais de Dunhuang jusqu’à Yanze dans l’actuel Xinjiang. En 119 av. Zhang Qian est envoyĂ© Ă  nouveau en mission vers l’ouest. À sa suite, une expĂ©dition couronnĂ©e de succĂšs franchira les monts Tianshan dans l’actuel Xinjiang jusqu’à l’empire Parthe et l’Inde en passant par la Transoxiane. La communication entre la Chine des Han et l’Ouest est Ă©tablie. En 60 av. le gouvernement fait dĂ©fricher des terres et Ă©tablir des sous-prĂ©fectures le long de la route pour garantir une meilleure circulation. Depuis l’ouverture rĂ©alisĂ©e par Zhang Qian, les envoyĂ©s impĂ©riaux et les commerçants atteignent facilement les rĂ©gions occidentales, participant Ă  accroĂźtre et Ă  amĂ©liorer les Ă©changes et la diffusion des biens matĂ©riaux et des idĂ©es. Les marchands sont de plus en plus nombreux, les matiĂšres prĂ©cieuses, la soie et le brocart transportĂ©s en grandes quantitĂ©s vers l’ouest valent l’appellation de Seres » Ă  la Chine, pays de la soie ». Il est dit qu’à cette Ă©poque, 1 livre de soie vaut 1 livre d’or. ParallĂšlement, toutes sortes d’objets rares et exotiques sont introduits en Chine. Sous les Han postĂ©rieurs, le grand officier Ban Chao dĂ©tache son second Gan Ying vers Rome, ce dernier atteindra la MĂ©diterranĂ©e, effectuant ainsi la plus longue expĂ©dition de fonctionnaires menĂ©e Ă  bien sous la dynastie des Han. En 65 ap. l’empereur Mingdi des Han envoie le long de la Route de la soie les ministres Cai Yin et Qin Jing s’enquĂ©rir sur le bouddhisme. En chemin ils rencontrent les deux moins indiens Kasyapa Matanga et Dharmaratna prĂȘchant l’enseignement de Buddha en Asie centrale. Les envoyĂ©s impĂ©riaux les invitent Ă  venir en Chine prĂ©senter les contenus de la doctrine bouddhique. À dos de cheval blanc ils font transporter jusqu’à Luoyang des Ă©crits que les moines traduiront. À leur arrivĂ©e, l’empereur ordonne la construction d’un temple imitant l’architecture indienne qu’il nomme Temple du cheval blanc en mĂ©moire du voyage rĂ©ussi. Kumarajiva 344-413 de nom chinois Luo Shi est un illustre savant bouddhiste dont les travaux qui exercĂšrent une influence fondamentale dans la thĂ©orisation et la sinisation du bouddhisme indien ont pu ĂȘtre rĂ©alisĂ©s grĂące aux Ă©changes le long de la Route de la soie. NĂ© Ă  Qiuci actuelle Kutcha dans le Xinjiang d’un pĂšre indien Brahman et d’une mĂšre princesse locale il dĂ©bute dĂšs l’ñge de 7 ans sous l’influence de sa mĂšre l’étude des textes sacrĂ©s. DotĂ© d’un naturel perspicace, il maĂźtrise plusieurs langues ; Ă©rudit, il est versĂ© dans les textes du Grand vĂ©hicule et du Petit vĂ©hicule et dispense un enseignement profond. En 382, le grand officier LĂŒ Guang en dĂ©placement dans l’ouest l’invite Ă  se rendre en Chine. ArrivĂ© Ă  Chang’an, Luo Shi organise la premiĂšre entreprise de traduction de l’histoire sous l’autoritĂ© des fonctionnaires impĂ©riaux, qu’il mettra en Ɠuvre durant douze ans pour traduire accompagnĂ© de huit cents disciples plus de soixante-quatorze canons prĂ©sentant principalement la doctrine du Grand vĂ©hicule. Il est avec les moines Yi Jing et Xuan Zang l’un des trois plus grands traducteurs bouddhistes de Chine. Ses cendres sont inhumĂ©es dans le temple Luo Shi situĂ© dans la ville de Wuwei, Ă©tape importante de la Route de la soie dans le Corridor du Hexi avant d’arriver Ă  Dunhuang. En 399, pĂ©riode florissante du bouddhisme chinois, le moine Fa Xian part pour l’Inde en quĂȘte des canons des commandements bouddhiques. Au dĂ©part de Chang’an actuelle Xi’an accompagnĂ© d’un groupe de condisciples, il passe par Dunhuang, traverse le dĂ©sert, le plateau du Pamir, et Ă  l’issue d’un long pĂ©riple finit par atteindre l’Inde. Il voyage Ă  travers le pays et entreprend la copie des canons bouddhiques auxquels il a accĂšs. De retour par la mer en 412, il se consacre Ă  la traduction des Sutra recueillis. Il rĂ©dige Ă©galement un mĂ©moire de son voyage, le RĂ©cit sur le pays de Buddha, ou Chroniques de Fa Xian, Ɠuvre qui constitue un important tĂ©moignage des liens entre Route de la soie et Ă©changes sino-indiens. Sous les dynasties Wei et Jin, alors que les Ă©changes culturels et commerciaux entre Orient et Occident sont en plein essor, Dunhuang, situĂ©e Ă  une jonction stratĂ©gique de la Route de la soie Ă  la sortie du Corridor du Hexi, est un lieu d’accueil et de rencontre de commerçants issus de tous horizons. Des documents Ă©crits exhumĂ©s dans les environs attestent de relations frĂ©quentes avec les marchands sogdiens venus de Samarcande. Aux Ve-VIe siĂšcles les liens commerciaux entre la Chine et le reste du monde s’intensifient alors que les Ă©changes diplomatiques, scientifiques et religieux prospĂšrent. Les villes de Datong et Luoyang par leur Ă©clat tĂ©moignent de l’abondance des marchandises et de l’amitiĂ© prospĂšre entre peuples circulant le long de la Route de la soie du Pamir en Chine jusqu’à Rome en passant par les riches contrĂ©es de l’Asie centrale, il n’est pas un marchand qui ne participe aux transactions florissantes. Mercure, verre, substances mĂ©dicinales, parfums, raisin, luzerne, fĂšves, carottes, instruments de musique, chorĂ©graphies, peintures, terres cuites sont introduites en Chine depuis les rĂ©gions occidentales alors que de Chine sont transportĂ©s vers l’extĂ©rieur des objets en or, en argent, en fer, des miroirs et toutes sortes de produits prĂ©cieux. Les Ă©changes entre envoyĂ©s diplomatiques, moines, marchands et peuples de civilisations diffĂ©rentes conduisent Ă  des avancĂ©es remarquables notamment dans les domaines scientifiques, artistiques et socioculturels. tels que philosophie, astronomie, mathĂ©matique, physique, chimie, gĂ©ographie, art pictural, architecture, agriculture, mĂ©decine ou transports. En 627, le moine Xuan Zang, aspirant Ă  la dĂ©couverte des textes sacrĂ©s du bouddhisme, entreprend au dĂ©part de Chang’an un pĂ©riple vers l’ouest qui le conduira jusqu’au nord de l’Inde. Il retournera en Chine dix-neuf ans plus tard, aprĂšs avoir accompli un merveilleux pĂšlerinage. Le RĂ©cit sous les illustres Tang des rĂ©gions occidentales dĂ©peint les cent dix pays traversĂ©s au cours du voyage, ainsi que les paysages, les villes et villages, les produits locaux et les coutumes des contrĂ©es parcourues. L’un des quatre chefs-d’Ɠuvre de la littĂ©rature chinoise, PĂ©rĂ©grinations vers l’Ouest de Wu Cheng’en, relate ce voyage important du moine Xuan Zang et de ses compagnons Ă  travers la magie de la Route de la soie. La dynastie des Tang marque la pĂ©riode de pleine apogĂ©e des Ă©changes le long de la Route de la soie. Sur le vaste territoire dĂ©sertique et montagneux Ă  l’ouest de Dunhuang des sous-prĂ©fectures sont Ă©tablies et des villages sont amĂ©nagĂ©s afin de faciliter les Ă©changes et d’assurer la sĂ©curitĂ© des voyageurs le long du rĂ©seau de segments de la Route de la soie. Ainsi les villes de Chang’an, Luoyang, Jiuquan, Dunhuang et autres passages obligĂ©s deviennent des sites en vogue, lieu d’accueils des Ă©changes sino-Ă©trangers oĂč matiĂšres prĂ©cieuses et idĂ©es savantes s’entremĂȘlent en rivalisant de richesses. Le faste de la cour impĂ©riale Ă  Chang’an accompagne ce moment de fervente splendeur. Visiteurs issus de l’Asie centrale, Ă  la Perse, l’Inde jusqu’à l’Asie mineure et l’Europe se retrouvent au sein de la capitale internationale Chang’an. Diplomates, religieux, nĂ©gociateurs, Ă©tudiants, entrepreneurs, artistes, en brĂšve visite ou rĂ©sidents de longue durĂ©e, participent au foisonnement de la vie culturelle et intellectuelle de l’époque. Certains deviennent fonctionnaires par le biais des concours impĂ©riaux alors que d’autres Ă  travers des activitĂ©s diverses teinteront de couleurs exotiques les composantes des modes architecturale, culinaire, vestimentaire ou littĂ©raire. Les merveilles caractĂ©ristiques du haut degrĂ© de raffinement en vogue sous la dynastie Tang peuvent rayonner Ă  travers le monde par l’intermĂ©diaire de cette route des Ă©changes et de l’amitiĂ©. Du IXe au XIe siĂšcles, en raison du transfert du centre politique, Ă©conomique et culturel vers le sud-est de la Chine, les Ă©changes maritimes dont la frĂ©quence s’amplifie prennent peu Ă  peu le dessus sur les Ă©changes terrestres. Sous la dynastie des Yuan l’activitĂ© le long de la Route de la soie est Ă  nouveau florissante. Sous la dynastie des Ming, la voie qui part de Jiayuguan vers l’Asie centrale est active, les Ă©changes maritimes sont cependant d’une plus grande envergure que la communication terrestre. Les itinĂ©raires La Route de la soie partait de Chang’an, puis se sĂ©parait pour contourner le dĂ©sert du Taklamakan par le nord et le sud avant que les deux tronçons ne se rejoignent Ă  Kachgar. De lĂ , les caravanes traversaient les massifs du Pamir et du Tianshan jusqu'Ă  Samarcande, Boukhara et Merv, contournaient la mer Caspienne pour aller, par la Perse et la Turquie, jusqu'Ă  Rome. Il y avait aussi plusieurs routes secondaires. L'une, au sud, traversait le massif du Karakorum pour aller jusqu'au Cachemire et Ă  l'Inde ; l'autre, au nord, franchissait les monts Tianshan jusqu'Ă  Almaty et, par la Mongolie, aboutissait Ă  Minoussinsk. La signification La Route de la soie n’est pas seulement une voie commerciale de transport de marchandises entre est et ouest, elle a aussi Ă©tĂ© le vĂ©hicule des Ă©changes multiples entre la Chine, l’Asie et l’Europe. Sciences et techniques et religions ont empruntĂ© cette route pour se diffuser et se dĂ©velopper. Le filage et le tissage de la soie, la fabrication du papier ou de la porcelaine, l’imprimerie, la boussole, sont autant d’inventions chinoises qui ont pu traverser les frontiĂšres, de mĂȘme que les contenus philosophiques tels que la pensĂ©e confucĂ©enne ou le taoĂŻsme. La Route de la soie par son rayonnement Ă  travers le monde demeure ainsi symbole des avancĂ©es de la civilisation et de l’amitiĂ© des Ă©changes entre Orient et Occident. Dangersur la route de la soie | Florence Lamy | | StĂ©phanie Hans | Roman | Roman | Histoire et sociĂ©tĂ©
Cet article date de plus de cinq ans. Le prĂ©sident chinois Xi Jinping a invitĂ© 29 chefs d'État et de gouvernement, dimanche, pour lancer officiellement le forum international des Routes de la soie. Un gigantesque projet commercial et gĂ©ostratĂ©gique. Article rĂ©digĂ© par PubliĂ© le 14/05/2017 0952 Temps de lecture 1 min. La Chine a ouvert, dimanche 14 mai, le forum international des Routes de la soie, son grand rendez-vous diplomatique de l’annĂ©e. 29 chefs d'État et de gouvernement, invitĂ©s par PĂ©kin, vont lancer officiellement le projet Obor, "One Belt and One Road" "Une ceinture, une route", censĂ© relier la Chine Ă  l'Europeen matiĂšre de commerce et de gĂ©ostratĂ©gie. C'est l'un des grands projets du prĂ©sident chinois Xi Jinping. Dimanche, Xi Jinping a Ă©voquĂ© l’esprit de Marco Polo qui a parcouru l’ancienne route commerciale. Il y a 2 000 ans, l’antique Route de la soie acheminait Ă  dos de chameau des produits de l’empire du Milieu vers l’Europe Ă  travers l’Asie centrale. Le projet de Xi est beaucoup plus ambitieux. Pour Xinhua, l’agence de presse officielle chinoise, il s’agit de revenir "au centre de la scĂšne mondiale". Pour cette Routes de soie des temps modernes, il va falloir construire des ports, des routes, des aĂ©roports. Un gigantesque programme d'investissements en infrastructures de "5 trillards de dollars" soit 1 000 milliards de dollars sur 5 ans, explique Alexandre Chieng, le vice-prĂ©sident de la chambre de commerce et d'industrie française en Chine. Il y a, en rĂ©alitĂ©, deux Routes de la soie. "'La"silkroad' va du Kazakhstan Ă  l'Iran en passant par la Turquie et remonte vers la Russie pour terminer vers l'Allemagne et la Hollande. La route du sud, qui est essentiellement une route maritime, passe par le ViĂȘt Nam, la Malaisie, l'IndonĂ©sie, l'Inde, le Sri Lanka et rejoint le continent est-africain pour remonter vers la GrĂšce et l'Italie", dĂ©crit Alexandre Chieng qui rappelle que ces routes englobent plus de 63 pays et parle d'une "vĂ©ritable vision" du prĂ©sident Xi. Les sinoseptiques s’inquiĂštent de ce projet tentaculaires. La plupart des dirigeants occidentaux sont absents. La France, elle, est representĂ©e par Jean-Pierre Raffarin, le trĂšs sinophile ancien Premier ministre et actuel prĂ©sident de la commission des Affaires Ă©trangĂšres du SĂ©nat. Prolongez votre lecture autour de ce sujet tout l'univers Chine
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De Xian Ă  Kashgar, laissez-vous envoĂ»ter par le parcours chinois de la lĂ©gendaire Route de la Soie. Hautes chaĂźnes montagneuses, steppes dĂ©sertiques, plaines infinies, ÉTOFFES chatoyantes, Ă©pices parfumĂ©es, scĂšnes de la vie quotidienne hautes en couleur composent un fabuleux pĂ©riple en 4×4. I ls sont prĂšs d’un millier, tous debout, dans une attitude attentive, certains les lĂšvres serrĂ©es et le regard droit, les poings fermĂ©s sur le vide car leurs lances ont disparu, dĂ©sintĂ©grĂ©es par le temps. Cette grande armĂ©e souterraine prĂȘte Ă  s’ébranler reprĂ©sente la garde impĂ©riale du lointain souverain Qin Shin Huang. Nous sommes Ă  Xian, Ă  1 300 kilomĂštres Ă  l’ouest de Shanghai, oĂč dĂ©bute l’aventure. Douze fois capitale, la ville de Xian mĂ©riterait d’ĂȘtre reconnue au mĂȘme titre que Rome ou Constantinople. Berceau de l’Empire, elle Ă©tait aussi le point de dĂ©part des grandes caravanes commerçantes de la Route de la Soie. Autrefois, cette traversĂ©e mythique n’était qu’une piste de prĂšs de 8 000 kilomĂštres qui reliait l’Empire du Milieu Ă  l’Inde, Ă  la Perse et Ă  Rome. D’innombrables marchands s’aventuraient dans ces rĂ©gions dĂ©sertiques jalonnĂ©es d’oasis pour transporter vers l’Occident de prĂ©cieux rouleaux de soie qui Ă©merveillaient autant les peuples d’Asie que d’Europe. SupplantĂ©e au VIIIe siĂšcle par la voie maritime, elle fut fermĂ©e plus tard Ă  cause des invasions mongoles. Aujourd’hui, la lĂ©gende reprend vie et plus rien n’interdit le parcours de cette ancienne piste caravaniĂšre. L’aventure au volant d’un 4X4 est belle et audacieuse, mais il est impossible d’entreprendre ce voyage sans un guide chinois, surtout si l’on ne sait ni parler, ni lire la langue, ce qui pour un Chinois nĂ©cessite parfois toute une vie. Depuis la dĂ©couverte de la Grande ArmĂ©e, les nombreux tertres semĂ©s de cĂ©rĂ©ales qui arrondissent la campagne aux alentours de Xian font dire aux Chinois qu’ici, les paysans cultivent les empereurs. PremiĂšre Ă©tape d’un voyage qui se dĂ©roule sur des milliers de kilomĂštres, Xian, dĂšs l’arrivĂ©e, dĂ©concerte. Le choc du tintamarre ininterrompu des klaxons des voitures et des tintements aigrelets des timbres de bicyclettes signe l’agitation qui rĂšgne dans la ville. Notre 4X4 semble happĂ©e par le flot incessant des milliers de vĂ©los qui avancent dans un dĂ©sordre confus. Les uns roulent Ă  droite, les autres Ă  gauche, sans pourtant provoquer de collision avec les hordes de piĂ©tons qui traversent la chaussĂ©e en s’engageant sans hĂ©siter entre les vĂ©hicules. Le contraste est impressionnant entre la ville trĂ©pidante et les 2 500 kilomĂštres de route qui la sĂ©parent de Turfan, dans la province du Xinjiang, Ă  l’Ouest de la Chine. Tianshui est la premiĂšre ville Ă©tape de l’aventure. Cinq cents kilomĂštres dont 300 de piste. Souple et fiable, la voiture s’accroche allĂšgrement dans les lacets de la route qui, Ă  chaque dĂ©tour, offre des perspectives fascinantes sur une nature entiĂšrement apprivoisĂ©e par l’homme, sculptĂ©e en terrasses dĂ©diĂ©es aux cultures de cĂ©rĂ©ales et de riz. Ici, la montagne appartient au paysan qui en a exploitĂ© chaque affleurement de roche, Ă©levant des murets pour retenir les terres, creusant des canalisations d’irrigation, dessinant des sentiers qui donnent Ă  ces pentes abruptes des airs de pyramides incas. La montagne verdoyante cĂšde rapidement la place Ă  la plaine, aussi plate que les tables de billard qui rĂ©unissent les Chinois au coin d’une rue, au fond d’une cour, Ă  l’ombre d’un arbre. L’espace immense, distribuĂ© en une multitude de petits lopins de terre cultivĂ©s, incite Ă  la mĂ©lancolie. Les villes couleur brique se confondent avec le paysage d’argile. La route se dĂ©roule au cÂŁur d’un chaos de collines pelĂ©es, roses et ocres. De loin, Lanzhou apparaĂźt comme une citĂ© assoupie, Ă  cheval sur les rives du Fleuve Jaune. Autrefois, c’est ici que se faisait le transbordement des marchandises Ă  l’aide de radeaux faits de peaux d’animaux gonflĂ©es. Aujourd’hui, les chameaux se font rares et les caravanes sont ferroviaires. Le cÂŁur de la ville est un champ de bataille livrĂ© au vacarme des compresseurs, marteaux piqueurs et coups de pioche. Lanzhou est la plaque tournante d’un rĂ©seau de communications qui achemine le pĂ©trole et les richesses minĂ©rales des provinces lointaines vers la capitale. Le corridor de Gansu, une Ă©troite bande de terres coincĂ©e entre le dĂ©sert de Gobi au nord et la chaĂźne de montagnes du Qilian au sud, dont les sommets enneigĂ©s alimentent en eau les quelques oasis qui autrefois accueillaient les caravanes, compte pas moins de 1 200 kilomĂštres. C’est en ces moments privilĂ©giĂ©s, traversant la nature grandiose, que notre pĂ©riple prend tout son sens. Ici et lĂ  surgissent de maigres troupeaux de chameaux, de chĂšvres ou de moutons paissant une herbe rare. Le dĂ©sert change constamment parfois il se couvre de dunes, le plus souvent de tas de cailloux oĂč gisent des buissons grisĂątres. Pas Ăąme qui vive le long de cette route qui s’enfonce au cÂŁur d’une Ă©tendue dĂ©sertique et rocailleuse, balayĂ©e par un vent dĂ©capant. On comprend mieux comment le Gansu ait pu ĂȘtre un lieu de dĂ©tention pour les prisonniers politiques; une SibĂ©rie chinoise dont on ne revenait gĂ©nĂ©ralement pas. Surgi au milieu de nulle part, le poste frontiĂšre qui sĂ©pare les provinces du Gansu par oĂč Marco Polo a pĂ©nĂ©trĂ© en Chine et celles du Xinjiang apparaĂźt. Un vent glacial conduit dans l’une des rares gargotes qui assurent une restauration acceptable un poulet pimentĂ© arrosĂ© d’un thĂ© clair brĂ»lant. L’itinĂ©raire parsemĂ© de poteaux du tĂ©lĂ©phone se poursuit le long de chaĂźnes de montagnes qui se profilent d’est en ouest. Des oasis de culture apparaissent pour disparaĂźtre l’instant d’aprĂšs, happĂ©es dans un tourbillon de sable blanc. Quand enfin surgit Turfan, tache verte au cÂŁur de cette immensitĂ©. Cette ville au pied du Tien Chan, les Montagnes CĂ©lestes, la barriĂšre oĂč se brisent les vents et les nuages glacĂ©s qui viennent de SibĂ©rie a tout pour sĂ©duire. Ses saules, ses cordons de peupliers, ses vergers et ses ruisseaux d’eau claire font la joie du visiteur. Son raisin blanc sans pĂ©pin et ses vins doux et moelleux rĂ©chauffent les cÂŁurs. Ses maisons basses, aux murs blanchis Ă  la chaux, dont certaines s’ouvrent encore sur des portiques en stuc s’alignent joliment. Ses terrasses occultĂ©es par la vigne grimpante permettent aux habitants de disposer des lits de fer recouverts de tapis de laine aux couleurs vives pour se reposer ou deviser Ă  l’aise. Ses ruelles invitent Ă  la dĂ©tente. Dans cette citĂ© oĂč les arabesques et les minarets sont lĂ©gion, se tient un marchĂ© animĂ© et colorĂ© oĂč les Ă©toffes chatoyantes cĂŽtoient les Ă©pices parfumĂ©es. Toute l’ñme de la Route de la Soie semble Ă©maner d’ici. Au-delĂ  de Turfan, l’itinĂ©raire bifurque vers le sud. Le trajet devient Ă©prouvant. La route Ă©troite et parsemĂ©e de nids de poule serpente tout en surplombant des gorges encaissĂ©es. C’est par ici que s’est infiltrĂ© le bouddhisme comme en tĂ©moignent les ruines des monastĂšres qui entourent la ville de Kuqa. Plus de 5 000 moines y vivaient. La plupart des vestiges conservĂ©s sont des temples Ă  sanctuaires rupestres dont les plus grands sont les Grottes des Mille Bouddhas de Kizil. Sur environ 2 kilomĂštres, les parois rocheuses sont creusĂ©es de 236 sanctuaires avec prĂšs de 10 000 m2 de fresques composĂ©es d’un rĂ©seau de losanges qui reprĂ©sentent chacun une histoire. Certains racontent la vie du Bouddha, d’autres dĂ©crivent des scĂšnes de la vie quotidienne de l’époque chasseurs armĂ©s de flĂšches poursuivant des singes ou encore caravaniers vĂȘtus d’une longue jupe ample ceinturĂ©e Ă  la taille et chaussĂ©s de hautes et souples bottes. Cinq cents kilomĂštres de dĂ©sert de pierres sĂ©parent Kuqa de Kashgar. Des tourbillons de poussiĂšre noient la route dans une brume ocre. Toutes les Routes de la Soie bifurquaient jadis vers Kashgar, le point de passage obligĂ© pour accĂ©der en Asie centrale, en Inde ou au Pakistan. Au confluent de la chaĂźne du Pamir et des Tianshan, porte d’entrĂ©e du dĂ©sert du Taklamakan, le plus aride du monde, Kashgar a sauvegardĂ© intacte l’ambiance d’autrefois. Chaque dimanche, des milliers de paysans arrivent de la campagne environnante pour Ă©changer leurs marchandises lĂ©gumes frais, selles travaillĂ©es, montures fringantes, peaux de mouton tannĂ©es, ÂŁufs de 100 ans, paniers d’osier, carpettes de feutre, yaourt frais
 Les Ă©choppes du bazar sont installĂ©es sur la place, en face de la mosquĂ©e qui peut abriter jusqu’à 10 000 fidĂšles. La ville prend alors les allures d’un gigantesque souk avec ses ruelles ponctuĂ©es çà et lĂ  de petites boutiques oĂč s’activent forgerons, cordonniers, barbiers, tailleurs, bottiers, herboristes,
 Le charme de Kashgar rĂ©side aussi dans le spectacle de la rue oĂč se croisent de multiples minoritĂ©s nationales car il y a eu de tout temps un brassage continuel de populations provoquant un mĂ©lange d’ethnies des plus surprenants. Pour s’y retrouver, il suffit d’observer les calottes que portent les hommes. Les bonnets de feutre triangulaires sont kirghizes, les hautes toques en mouton noir bouclĂ© sont tadjiks, les calottes carrĂ©es vertes brodĂ©es de fils d’or sont ouĂŻghours, les turbans de laine blanche dĂ©signent les imams. Le parcours chinois de la Route de la Soie se termine ici, au pied du plateau du Pamir. Fin du voyage au terme de trois semaines Ă©prouvantes mais riches en dĂ©couvertes et en Ă©motions. On n’y croise plus de longues caravanes de chameaux qui convoient perles et Ă©toffes. Pourtant l’éblouissement est bien rĂ©el. Au fil du voyage, au grĂ© des dunes couleur safran et des falaises roses, par delĂ  les dĂ©serts lunaires et les oasis luxuriantes, la magie de cette route mythique agit sur chacun, laissant des souvenirs forts et impĂ©rissables. Christiane Goor
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Enfin sur la route d’Allepey, si les tempĂ©ratures avoisinent les 35 degrĂ©s comme nous avons eu au mois de mars, prenez le temps de vous arrĂȘter sur la plage de Marari (15km d’Allepey), avec sa longue plage de sable blanc, ses cocotiers penchĂ©s, des pĂȘcheurs et leurs petits bateaux, pour une sĂ©ance de bronzette et de baignade!Et oui, le Kerala, c’est aussi de trĂšs belles et En Chine dĂ©jĂ , nous avions Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©s de voir que rares Ă©taient les bĂ©bĂ©s qui portaient des couches et que la plupart avait pour ainsi dire "les fesses Ă  l'air", le pantalon Ă©tant largement ouvert Ă  l'entrejambe... Dans le train, nous avions vu des mamans dĂ©mailloter leurs bĂ©bĂ©s, Ă©mettre des onomatopĂ©es et... les bĂ©bĂ©s faire pipi ! On nous avait expliquĂ©, dans un mauvais anglais, que les mamans "Ă©duquaient" ainsi leurs petits Ă  la propretĂ© en conditionnant leurs rĂ©flexes. Et que cela marchait ! Ils ne mouillaient pas leurs pantalons et ne faisaient pipi que sur commande ! Facile !!!... mais, la nuit ? On n'avait pas vraiment creusĂ© la question... Et bien, on a trouvĂ© une rĂ©ponse en OuzbĂ©kistan ! A Kokand, au palais du khan, dans une salle, un magnifique berceau -bois prĂ©cieux, couvertures chamarrĂ©es- et dessus deux petits objets en bois, l'un en forme de pipe, l'autre en forme de cuillĂšre. Et Sardor de nous expliquer l'ingĂ©niositĂ© du berceau ouzbek ! Le matelas est composĂ© de couvertures empilĂ©es, dans lesquelles on a dĂ©coupĂ© un trou rond au niveau des fesses du bĂ©bĂ©. On y insĂšre un pot et on pose l'enfant bien au bon endroit, sur le dos et attachĂ© pour qu'il ne puisse pas se retourner. Puis on glisse entre ses jambes l'un des deux petits objets en bois. Pour les petits garçons, celui en forme de pipe et pour les petites filles, celui en forme de cuillĂšre. Evidemment, on maintient les jambes serrĂ©es. Et le lendemain, il n'y a plus qu'Ă  vider le pot ! Le systĂšme a dĂ» prouver son efficacitĂ© car on voit ces berceaux et les ustensiles ad-hoc sur tous les marchĂ©s ! Au milieu d'autres objets usuels... rouleau Ă  pĂątisserie, peignes, estampes pour le pain...
Extraordinairementbien servie par son passé plusieurs fois millénaire et les traditions d'échange avec les pays voisins (Liban, Jordanie, Irak, Turquie), qui lui garantissent un minimum de 3

Sur la Route de la Soie un voyage unique au coeur de l’Asie centrale, dĂ©part unique rendez-vous le 4 avril 2016 pour un pĂ©riple qui se jouera des frontiĂšres entre l’Iran, le TurkmĂ©nistan et l’OuzbĂ©kistan. Une belle aventure qui va cĂ©lĂ©brer 20 ans de passion sur les routes de l’Asie. Pour fĂȘter ça, nous vous entraĂźnons pour un pĂ©riple qui se jouera des frontiĂšres entre l’Iran, le TurkmĂ©nistan et l’OuzbĂ©kistan. A partir de 4990 € TTC Circuit organisĂ© en groupe, Iran, OuzbĂ©kistan, TurkmĂ©nistan – 20 jours / 19 nuits PĂ©riode Du 04/04/2016 au 04/04/2016. Les temps forts > En Iran, les must de Shiraz et d’Ispahan, citĂ©s majeures oĂč s’est Ă©crite l’histoire de la civilisation perse, les trĂ©sors de PersĂ©polis, les tombeaux de Naqsh-e-Rostam, et la ville sainte de Mashhad. > Au Turkmenistan, les vestiges des anciennes citĂ©s du dĂ©sert. > En OuzbĂ©kistan, tous les bleus des coupoles et minarets des mosquĂ©es et medersas de Boukhara et Samarcande. > Circuit accompagnĂ© au dĂ©part de Paris par une spĂ©cialiste de l’Asie Centrale. Le programme Jour 1 Envol pour Shiraz DĂ©part de Paris sur Turkish Airlines via Istanbul en dĂ©but d’aprĂšs-midi. Repas et courte nuit Ă  bord. Jour 2 La ville des poĂštes Shiraz ArrivĂ©e dans la nuit. Accueil et repos Ă  l’hĂŽtel. Petit dĂ©jeuner et visite du berceau de la dynastie achĂ©mĂ©nide 550/330 av. JC la MoquĂ©e Nasir Al Molk ou mosquĂ©e rose pour ses faĂŻences reprĂ©sentant des brassĂ©es de roses ; la mosquĂ©e Vakil ; le dĂ©cor des Mille et une Nuits du jardin de l’Orangerie, ancienne demeure d’un riche notable ; le mausolĂ©e de Hafez, grand poĂšte iranien. En fin d’aprĂšs-midi, balade dans le bazar du Vakil. Jour 3 TrĂ©sors de la civilisation perse Shiraz / PersĂ©polis / Naqsh-e-Rostam / Shiraz – 110 km Site majeur classĂ© au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son architecture et ses bas-reliefs exceptionnels, on entre dans PersĂ©polis par la porte des Nations et ses taureaux ailĂ©s Ă  tĂȘte humaine et on dĂ©couvre, sculptĂ©s dans la pierre, les reprĂ©sentants des 32 peuples de l’empire qui venaient porter tribu Ă  l’empereur. AprĂšs dĂ©jeuner, c’est devant les tombeaux creusĂ©s dans la falaise de Naqsh-e-Rostam qui n’est pas sans rappeler PĂ©tra, que l’on salue Darius 1er et ses successeurs. Jour 4 D’une capitale Ă  l’autre En route pour Ispahan, visite du site achĂ©mĂ©nide de Pasargades, premiĂšre capitale de l’empire perse avant PersĂ©polis. ArrivĂ©e Ă  Ispahan dans l’aprĂšs-midi et installation dans celle qui a tout de la capitale culturelle du pays. Jour 5 La belle orientale Ispahan PremiĂšre dĂ©couverte d’Ispahan dont ShĂąh Abbas le Grand fit sa capitale au 16e s. la mosquĂ©e du Vendredi, le mausolĂ©e Harounieh et le minaret d’Ali. Dans le quartier de Djolfa fondĂ© par l’empereur pour y accueillir une communautĂ© armĂ©nienne, visite de la cathĂ©drale de Vank et du musĂ©e armĂ©nien et ses magnifiques manuscrits. Dans le palais aux 40 colonnes les fresques murales racontent les fastes de la cour. Jour 6 Coupoles et minarets Ispahan DeuxiĂšme journĂ©e consacrĂ©e Ă  l’ancienne capitale safavide bĂątie le long de la riviĂšre Zayandeh traversĂ©e par 11 ponts le pont Khaju avec son pavillon de musique et le pont aux 33 arches rĂ©servĂ©s aux piĂ©tons sont les plus cĂ©lĂšbres – l’immense place royale Naghsh-e Jahan la 2e plus grande au monde aprĂšs Tian An Men accueillait autrefois caravaniers et marchands. Aujourd’hui on y visite la mosquĂ©e de l’Imam, le palais Ali QĂąpu, la mosquĂ©e du Sheikh Lotfollah et, dans les allĂ©es du bazar, on trouve un artisanat traditionnel de qualitĂ©. Le soir, dĂźner sous les ors de l’hĂŽtel Abassi, ancien caravansĂ©rail. Jour 7 RemontĂ©e vers le Nord Ispahan / Ardestan / Abyaneh / Kashan – 210 km ArrĂȘt Ă  Ardestan et visite de la MosquĂ©e du Vendredi, l’une des plus anciennes du pays 8e s. construite en brique crue. Continuation pour Abyaneh, surprenant village fortifiĂ© nichĂ© au creux des monts Kargas. Il a Ă©tĂ© classĂ© par l’UNESCO pour ses murs ocre et ses balcons de bois le long de ruelles Ă©troites et de passages voutĂ©s. Installation Ă  Kashan en fin d’aprĂšs-midi. Balade dans le bazar et dĂźner. Jour 8 Dans les pas des grands commerçants En route pour TĂ©hĂ©ran, visite de la florissante oasis de Kashan la maison de Boroudjerdi, demeure patricienne d’un riche marchand du 18e s., le cĂ©lĂšbre jardin de Fin et ses Ă©lĂ©gants pavillons et bassins de marbre, et enfin, la mosquĂ©e Aqha Bozorg. Jour 9 La Perse et son histoire TĂ©hĂ©ran Les musĂ©es de la capitale viendront complĂ©ter vos dĂ©couvertes sur le terrain musĂ©e d’ArchĂ©ologie, musĂ©e du Tapis et sa cĂ©lĂšbre collection de tapis persans et kilims, musĂ©e du Verre et de la CĂ©ramique installĂ© dans un ancien palais du Vizir qui abrite des objets exceptionnels, et musĂ©e des Joyaux Nationaux dont la collection remonte au 16e s. Jour 10 Cap Ă  l’est Temps libre avant l’envol dans la matinĂ©e pour Mashhad situĂ©e Ă  l’extrĂȘme est dans la province du Khorasan. ArrivĂ©e dans l’aprĂšs-midi dans la 2e ville d’Iran, l’une des plus saintes du chiisme qui attire prĂšs de 20 millions de pĂšlerins par an. Visite du MausolĂ©e de l’Imam Reza et promenade dans le bazar. Jour 11 Les grands poĂštes du Khorasan Excursion Ă  Nishapur pour les mausolĂ©es d’Attar-at-Din et du mathĂ©maticien, philosophe et astronome du 11e s. Omar KhayĂąm, plus connu pour sa poĂ©sie. C’est aussi la ville de la turquoise taillĂ©e par les bijoutiers. Puis dĂ©couverte de Touss oĂč est inhumĂ© Ferdowsi, un autre grand poĂšte persan. Jour 12 Direction le TurkmĂ©nistan DĂ©part matinal pour la frontiĂšre et passage au TurkmĂ©nistan tout proche. Changement de vĂ©hicule, chauffeur et guide puis continuation pour Mary. DĂ©jeuner pique-nique. ArrivĂ©e en fin d’aprĂšs-midi et installation Ă  l’hĂŽtel. Jour 13 Dans les pas de Zarathoustra Excursion Ă  Margoush, citĂ© natale supposĂ©e de Zarathoustra, spectaculaire ville pĂ©trifiĂ©e du 16e s. avant dans le dĂ©sert du Kara Koum. AprĂšs dĂ©jeuner, visite du site de Merv, l’ancienne Margiane et ses imposantes forteresses. Retour Ă  Mary pour dĂźner. Jour 14 Route pour l’OuzbĂ©kistan Longue route pour Farab Ă  la frontiĂšre ouzbĂške. ArrĂȘt pour dĂ©jeuner Ă  Turkmenabad. Changement de vĂ©hicule et de guide et continuation pour Boukhara. ArrivĂ©e en fin d’aprĂšs-midi Jour 15 Splendeurs de Boukhara DĂ©couverte de celle qui connut son apogĂ©e au 10e s. la citadelle de l’Ark, la mosquĂ©e Bolo Khauz et son bassin, le mausolĂ©e Samanide, l’ensemble PoĂŻ-Kalian protĂ©gĂ© par l’UNESCO et son minaret, le joli complexe de Laby Khauz 16e – 17e s., les coupoles marchandes et la mosquĂ©e d’Oulougbeg. DĂźner en musique dans une mĂ©dersa. Jour 16 Jardins et vieilles ruelles Boukhara Suite des visites les pavillons et le harem du palais d’étĂ© du dernier Ă©mir, le mausolĂ©e Nakhsbandi, haut-lieu de pĂšlerinage et les quatre minarets turquoise de Tchor Minor. L’aprĂšs-midi, temps libre pour flĂąner dans les bazars et les ruelles. Puis, visite d’un atelier de miniature et de calligraphie en compagnie du grand artiste Tochev Daviat. DĂźner dans la vieille ville et hammam en option. Jour 17 Cap sur Samarcande ArrĂȘt Ă  Guijdouvan et visite de l’atelier de cĂ©ramistes. L’aprĂšs-midi, dĂ©couverte de Samarcande la fabuleuse place du Reghistan et ses trois mĂ©dersas monumentales, le mausolĂ©e Gour Emir 15e s. et le tombeau dynastique des timourides. Le soir, spectacle au théùtre El-Merosi. Jour 18 La ville de Tamerlan Samarcande ArrĂȘt dans une fabrique artisanale de papier de soie puis dĂ©couverte de l’observatoire d’Ouloug Beg, du musĂ©e et des ruines de l’ancienne Afrosyab et du mausolĂ©e Chah-i-Zinda, sublime ensemble de tombeaux. L’aprĂšs-midi, visite de la grande mosquĂ©e Bibi Khanym construite par Tamerlan pour sa femme prĂ©fĂ©rĂ©e, et balade dans le bazar. Le soir, dĂźner dans une maison traditionnelle pour goĂ»ter le plov national prĂ©parĂ© avec la famille. Jour 19 ArrivĂ©e Ă  Tachkent Route pour Tachkent. DĂ©jeuner et aprĂšs-midi libres. DĂźner d’adieu en ville. Jour 20 Retour en Occident Petit dĂ©jeuner matinal avant l’envol pour Paris sur Turkish Airlines. ArrivĂ©e en fin d’aprĂšs-midi. Cette destination vous intĂ©resse ? Retrouvez toutes les informations au sein de notre agence de voyages angevine ou dans nos autres agences PrĂ©fĂ©rence Voyages.

Listedes synonymes possibles pour «Berceau de la Route de la Soie du Sud»: Ville de Chine; Publié le 29 janvier 2022 29 janvier 2022 - Auteur loracle Rechercher. Définition ou synonyme. Nombre de lettres. Lettres connues et inconnues Entrez les lettres connues dans l'ordre et remplacez les lettres inconnues par un espace, un point, une virgule ou une étoile.

Auteur SĂ©bastien Goulard Cover Guo Qi, ć·Žäžčć‰æž—æČ™æŒ , DĂ©sert Badain Jaran 2010 Date 26 avril 2019 Partager En 2013, la Chine est devenue la premiĂšre puissance commerciale au monde, surpassant les États-Unis ; la mĂȘme annĂ©e, PĂ©kin dĂ©voilait son plan pour faire renaĂźtre les anciennes routes de la Soie, Ă  savoir l’initiative One Belt, One Road OBOR, plus tard rebaptisĂ©e Belt and Road Initiative BRI. Dans sa dĂ©finition de 2013, telle que prĂ©sentĂ©e par le prĂ©sident chinois Xi Jinping, l’OBOR consistait Ă  dĂ©velopper les Ă©changes commerciaux en modernisant les infrastructures et en facilitant les procĂ©dures commerciales selon deux axes d’une part, un rĂ©seau de routes traversant le continent eurasiatique de la Chine Ă  l’Europe, et, d’autre part, une voie maritime reliant les deux rĂ©gions. Aujourd’hui, le projet des nouvelles routes de la Soie, ou BRI concerne l’ensemble des continents depuis que Xi Jinping a appelĂ© l’AmĂ©rique latine Ă  le rejoindre au forum Chine-CELAC1 en janvier 20182. Cependant, l’Europe demeure une destination majeure de la BRI en raison de l’importance mĂȘme des Ă©changes entre le continent et PĂ©kin. Et pourtant, l’Union a tardĂ© Ă  formuler une rĂ©ponse unie au projet chinois de la BRI, en raison des craintes ou au contraire des attentes qu’elle suscite suivant les pays, et a finalement inaugurĂ© en septembre 2018 un projet qui pourrait ĂȘtre complĂ©mentaire Ă  l’initiative chinoise. L’Initiative, axe essentiel de la stratĂ©gie globale chinoise La rĂ©alisation des nouvelles routes de la Soie est une prioritĂ© pour le gouvernement chinois. Si Ă  ses dĂ©buts, l’objectif de l’Initiative Ă©tait principalement de rĂ©gler la question de la surcapacitĂ© industrielle de la Chine – notamment dans l’acier – en stimulant des dĂ©bouchĂ©s Ă  l’étranger, les motivations qui la concernent semblent avoir changĂ©. Le projet est Ă  la fois politique et Ă©conomique, il se doit d’illustrer le nouveau statut de grande puissance de la Chine. La promotion de l’Initiative, avec la crĂ©ation de la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures en 2015 ainsi que les efforts menĂ©s pour internationaliser la monnaie chinoise participent Ă  l’ascension d’une superpuissance chinoise sur la scĂšne internationale. D’autre part, Ă  travers la construction de nouvelles infrastructures de transports, d’énergies, notamment dans les pays en dĂ©veloppement, ce projet colossal devrait accompagner la mutation industrielle de la Chine, telle qu’imaginĂ©e dans la stratĂ©gie Made in China 2025. Ce plan prĂ©voit de faire du pays le leader des nouvelles technologies – robotique, intelligence artificielle, nanotechnologies – Ă  l’horizon 2040. Un objectif qui suppose donc la dĂ©localisation des industries les moins avancĂ©es vers des pays ou rĂ©gions Ă  faibles coĂ»ts de production, comme l’Éthiopie oĂč le secteur du textile est boostĂ© par les investissements chinois. Ainsi Beijing participe au financement d’infrastructures dans les pays Ă©mergents afin de mieux connecter leur production aux marchĂ©s mondiaux. Le succĂšs de la BRI induit irrĂ©mĂ©diablement une rĂ©duction des barriĂšres commerciales. La Chine s’est ainsi fait l’apĂŽtre de la lutte contre le protectionnisme et le partisan du libre-Ă©change, comme en tĂ©moigne le discours du prĂ©sident Xi Jinping au Forum Ă©conomique de Davos en 20173. En raison de la guerre commerciale qui l’oppose aux États-Unis, la Chine pourrait adopter une position plus conciliante envers l’Europe pour rĂ©aliser sa stratĂ©gie de connectivitĂ© avec le reste du Goulard Pour Beijing, l’Europe fait figure de partenaire essentiel dans sa stratĂ©gie d’ouverture, notamment face Ă  une AmĂ©rique plus protectionniste. Nonobstant les tensions qui existent entre Beijing et Bruxelles sur plusieurs questions, telles que le dumping sur l’acier ou le statut d’économie de marchĂ© que la Chine voudrait obtenir de la part de l’Union4, Beijing sait que la nĂ©gociation est possible avec l’Europe. Bien qu’un possible accord de libre-Ă©change entre les deux puissances ne soit plus d’actualitĂ©, le dialogue visant Ă  intensifier les Ă©changes se poursuit. En raison de la guerre commerciale qui l’oppose aux États-Unis, la Chine pourrait adopter une position plus conciliante envers l’Europe pour rĂ©aliser sa stratĂ©gie de connectivitĂ© avec le reste du monde. Le continent europĂ©en reprĂ©sente en effet un de ses marchĂ©s les plus importants. Un projet qui divise l’Europe Pour l’Union, il est difficile de parler d’une seule voix sur la question de la BRI, en raison de la division qui perdure entre ses membres sur ce sujet. La perspective d’investissements chinois pousse certains États Ă  embrasser son principe. En novembre 2018, le prĂ©sident Xi Jinping s’est arrĂȘtĂ© Ă  Madrid avant de se rendre au sommet du G20 de Buenos Aires, puis a fait escale au Portugal sur le chemin du retour. Bien que les pays de la pĂ©ninsule ibĂ©rique se soient tous deux montrĂ©s dĂ©sireux de renforcer leurs Ă©changes avec Beijing et d’attirer de nouveaux investissements chinois, leurs rĂ©ponses Ă  l’invitation offerte par le prĂ©sident chinois de rejoindre la BRI ont largement diffĂ©rĂ©. Bien qu’approuvant les efforts chinois pour lutter contre le protectionnisme et reconnaissant le principe des nouvelles routes de la Soie, le premier ministre espagnol Pedro Sanchez n’a pas souhaitĂ© que son pays rejoigne officiellement la BRI. A contrario, le prĂ©sident portugais Marcelo Rebelo de Sousa a signĂ© avec enthousiasme un MĂ©morandum d’entente engageant le Portugal sur ces nouvelles routes de la Soie. Xi Jinping a notamment assurĂ© que le port de Sines deviendrait un centre logistique majeur de la BRI. Il faut souligner la politique trĂšs accueillante que le Portugal a adoptĂ©e envers la Chine, depuis la crise Ă©conomique qui a secouĂ© le pays de 2010 Ă  2014. Dans ce contexte, le pays a cherchĂ© Ă  devenir une nouvelle porte d’entrĂ©e des investissements chinois en Europe, et a ainsi ouvert le capital de plusieurs grandes entreprises nationales Ă  des gĂ©ants chinois. Un exemple particuliĂšrement stratĂ©gique est celui de l’acquisition d’un quart du capital de l’entreprise REN Redes EnergĂ©ticas Nacionais, sociĂ©tĂ© de gestion des rĂ©seaux d’électricitĂ© et de gaz par l’entreprise d’État chinoise China State Grid. Lisbonne a aussi mis en place les fameux golden visa qui permettent Ă  des investisseurs Ă©trangers d’obtenir de maniĂšre facilitĂ©e un visa de rĂ©sidence au sein de l’Union EuropĂ©enne. Les investisseurs chinois ont Ă©tĂ© les plus nombreux Ă  bĂ©nĂ©ficier de ce systĂšme5. L’exemple portugais n’est pas unique dans l’Union europĂ©enne, d’autres États ont franchi le pas ; la GrĂšce, la Hongrie ou encore l’Estonie avaient dĂ©jĂ  auparavant apportĂ© leur soutien au projet chinois. Jusqu’alors, les puissances occidentales europĂ©ennes avaient refusĂ© de signer un accord officiel engageant leur pays dans l’initiative chinoise, mĂȘme s’ils en approuvaient le principe. Cependant, en mars 2019, deux autres pays membres de l’UE ont rejoint la BRI l’Italie qui espĂšre ainsi accroĂźtre les investissements chinois dans ses infrastructures et le Luxembourg pour conforter sa place de centre financier entre l’Europe et la Chine. En consĂ©quence, la position commune des chancelleries occidentales envers la BRI, dĂ©finie en 2018 par les ambassadeurs des États europĂ©ens en Chine, semble caduque, et ce, malgrĂ© les doutes et les interrogations que la BRI suscite. Jusqu’à rĂ©cemment, la Chine pariait sur des dĂ©saccords Est-Ouest de l’Union europĂ©enne pour faire avancer ses intĂ©rĂȘts en Europe, Ă  travers le format 16+1 ». Cette initiative inaugurĂ©e en 2012 regroupe la Chine aux cĂŽtĂ©s de onze États de l’Union europĂ©enne6, et de cinq États balkaniques7, non membres de l’Union, tous anciennement rattachĂ©s au bloc soviĂ©tique. Mais cette initiative ne semble pas porter totalement ses fruits. D’une part, les membres de l’UE qui participent au format 16+1 » rencontrent des difficultĂ©s Ă  parler d’une seule voix Ă  Bruxelles, et d’autre part les investissements chinois dans la zone demeurent encore relativement rĂ©duits par rapport Ă  ceux rĂ©alisĂ©s en Europe occidentale. Cependant, il convient de se garder d’imaginer une Chine qui encouragerait les tensions au sein de l’Union. Beijing reste attachĂ© au multilatĂ©ralisme, et bien que ses entreprises tirent parfois parti des divisions internes Ă  l’Union europĂ©enne, la puissance chinoise attend de l’Europe d’agir comme un partenaire solide. Si la crise du Brexit a pu crĂ©er des opportunitĂ©s Ă  court terme pour des Ă©ventuels investisseurs chinois, la stabilitĂ© et l’intĂ©gration de l’Europe sont considĂ©rĂ©es comme des prioritĂ©s pour Beijing8. La Chine entretient un certain flou sur ce qu’elle attend des États qui s’engagent dans la Goulard Il faut aussi noter que la Chine entretient – Ă  dessein ? – un certain flou sur ce qu’elle attend des États qui s’engagent dans la BRI. Les memoranda d’entente signĂ©s avec ses partenaires ne mentionnent aucune obligation concrĂšte pour les parties. Les signataires s’engagent simplement Ă  soutenir l’initiative Belt and Road, mais les modalitĂ©s ne sont pas prĂ©cisĂ©es. Lors de leurs visites Ă  Beijing, de plus en plus frĂ©quentes, les dirigeants europĂ©ens tels qu’Emmanuel Macron ou le prĂ©sident italien Sergio Mattarella expriment leur intĂ©rĂȘt pour le projet chinois des nouvelles routes de la Soie, mais demandent aussi plus de dĂ©tails sur la rĂ©alisation de la BRI. Pourquoi la BRI inquiĂšte ? L’Union s’inquiĂšte des Ă©ventuelles contreparties auxquelles devraient faire face les États europĂ©ens en Ă©change d’investissements chinois effectuĂ©s dans le cadre de la BRI. Ces inquiĂ©tudes ont poussĂ© les ambassadeurs europĂ©ens Ă  Beijing Ă  signer un rapport interne trĂšs critique Ă  propos de l’initiative chinoise des nouvelles routes de la Soie. Un possible manque d’ouverture de ce projet aux entreprises Ă©trangĂšres y est Ă©voquĂ©. Seul un envoyĂ© s’est abstenu de signer ce document l’ambassadeur de Hongrie, un État qui espĂšre continuer Ă  recevoir des investissements chinois9. L’influence politique de la Chine À travers les investissements rĂ©alisĂ©s dans le cadre de la BRI, la Chine pourrait chercher Ă  Ă©tendre son influence en Europe et faire taire les Ă©ventuelles remises en cause de sa politique. Ainsi en juin 2017, la GrĂšce, un État clef de la BRI en Europe qui bĂ©nĂ©ficie de nombreux investissements chinois, a Ă©tĂ© l’unique membre Ă  s’opposer Ă  ce que l’UE fasse mention de la situation des droits de l’Homme en Chine au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Pour AthĂšnes, ce commentaire aurait Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une critique non-productive »10. Un an plus tĂŽt, en juillet 2016, la GrĂšce et la Hongrie refusaient de signer une dĂ©claration commune de l’Union EuropĂ©enne incitant la Chine Ă  respecter la rĂ©cente dĂ©cision de la Cour arbitrale de La Haye rejetant ses revendications en mer de Chine mĂ©ridionale, afin de ne pas crĂ©er de tensions avec Beijing. Le respect du droit europĂ©en Un autre sujet d’inquiĂ©tude concerne les modalitĂ©s et les procĂ©dures visant la construction d’infrastructures dans le cadre de la BRI. Les rĂšgles europĂ©ennes obĂ©issent au principe de libre concurrence et de compĂ©tition, ainsi tout contrat relatif Ă  la construction d’infrastructures majeures ne peut ĂȘtre accordĂ© qu’aprĂšs le lancement d’un appel d’offre. Les projets tels que conduits jusqu’alors sur la BRI ne suivent pas ce processus, et sont accordĂ©s prioritairement Ă  des entreprises chinoises. Pour cette raison, les dirigeants europĂ©ens appellent Ă  plus d’ouverture. L’Union EuropĂ©enne est d’ailleurs dĂ©jĂ  confrontĂ©e Ă  cette absence d’appel d’offre concernant des projets de la BRI en lien avec l’un de ses membres, Ă  savoir la Hongrie. Une ligne Ă  grande vitesse devrait relier Budapest Ă  Belgrade Ă  l’horizon 2020. Ce plan, financĂ© en partie par China Exim Bank et dont la construction par China Railway International Corporation a commencĂ© en 2017, a Ă©tĂ© critiquĂ© par la Commission EuropĂ©enne qui a diligentĂ© une enquĂȘte au sujet de l’absence d’appel d’offre de la part de Budapest pour la rĂ©alisation de ce projet11. Le poids des entreprises d’État Par ailleurs, les entreprises chinoises Ă  qui sont accordĂ©s ces contrats sont bien souvent des entreprises d’État qui bĂ©nĂ©ficient d’un large soutien, notamment financier, de la part de Beijing. Selon l’Union europĂ©enne, ces attributions de marchĂ©, que d’aucun jugerait arbitraire, contreviennent au principe de libre marchĂ©. En refusant de prendre part Ă  la BRI telle qu’elle se prĂ©sente aujourd’hui, les États europĂ©ens espĂšrent protĂ©ger leurs entreprises nationales. Il est Ă  noter que c’est au sein des États qui possĂšdent les groupes industriels les plus puissants dans les secteurs de la construction ou de la logistique que la question des contrats de la BRI est la plus discutĂ©e. Le Portugal ou la Hongrie, qui ne possĂšdent pas d’équivalent aux gĂ©ants allemands ou français de ces secteurs, et qui par consĂ©quent n’ont pas d’entreprises nationales Ă  protĂ©ger, se montrent beaucoup plus rĂ©ceptifs aux projets de la BRI sur leur sol. En Italie aussi, les entreprises chinoises inquiĂštent l’homme fort du gouvernement italien Matteo Salvini a mis en garde contre une possible colonisation de l’économie italienne par des entreprises chinoises. Des investissements chinois dans les secteurs stratĂ©giques Les projets de connexion Chine-Europe semblent de plus aggraver la concurrence entre États ou rĂ©gions europĂ©ennes. Chaque ville ou port europĂ©en espĂšre figurer sur la carte des nouvelles routes de la Soie dressĂ©e par la Chine. Une concurrence exacerbĂ©e entre EuropĂ©ens pour attirer les investisseurs chinois pourrait favoriser la duplication d’infrastructures en Europe et mettre Ă  mal les politiques de dĂ©veloppement stratĂ©gique mises en place par l’Union. Le dĂ©veloppement du commerce Ă©lectronique, la crĂ©ation de rĂ©seaux de fibre optique, ou l’adoption de nouveaux moyens de paiement Ă©lectroniques sont autant de domaines pour lesquels Beijing espĂšre exporter son savoir-faire le long de ces nouvelles routes. Les nouvelles routes de la Soie promues par Beijing ne prennent pas uniquement la forme de routes et de ports, elles peuvent aussi ĂȘtre digitales ou numĂ©riques. Le dĂ©veloppement du commerce Ă©lectronique, la crĂ©ation de rĂ©seaux de fibre optique, ou l’adoption de nouveaux moyens de paiement Ă©lectroniques sont autant de domaines pour lesquels Beijing espĂšre exporter son savoir-faire le long de ces nouvelles routes. Mais Bruxelles, comme Washington, s’inquiĂšte des liens entre les gĂ©ants chinois du numĂ©rique et des tĂ©lĂ©coms et les autoritĂ©s de Beijing. En dĂ©coulent des suspicions de possibles activitĂ©s d’espionnage dans les secteurs les plus stratĂ©giques, comme en tĂ©moigne l’arrestation d’un cadre de l’entreprise chinoise Huawei en Pologne en janvier 2019 pour espionnage12. Les risques d’endettement L’endettement des États participant Ă  la BRI est un autre sujet de prĂ©occupation pour Bruxelles. Plusieurs travaux, dont celui du Center for Global Development ont mis en lumiĂšre ces risques d’endettement13. Le cas du Sri Lanka a fortement marquĂ© les esprits en Asie du Sud-Est mais aussi en Europe. Ayant des difficultĂ©s Ă  rembourser des prĂȘts contractĂ©s auprĂšs de banques chinoises en vue du dĂ©veloppement du port d’Hambantota sur sa cĂŽte mĂ©ridionale, le pays a dĂ» accorder Ă  une entreprise d’État chinoise, en l’occurrence COSCO, une concession de 99 ans de ce port en Ă©change d’une rĂ©duction de sa dette. Il ne faut cependant pas oublier que la Chine n’est pas l’unique responsable de cet endettement. Beijing ne fait qu’offrir son assistance financiĂšre Ă  des États qui dĂ©sirent un financement autour de projets d’infrastructures. Dans certains cas, en raison d’une gouvernance fragile, les projets financĂ©s se rĂ©vĂšlent ĂȘtre des Ă©lĂ©phants blancs », Ă©conomiquement non viables et dĂ©cidĂ©s principalement pour des raisons politiques. Ainsi, certains experts ont avouĂ© leur scepticisme concernant le dĂ©veloppement du port d’Hambantota, district natal de l’ancien prĂ©sident sri lankais qui a soutenu ce projet. Mais, il n’est pas nĂ©cessaire d’aller jusqu’en Asie du Sud-Est pour ĂȘtre confrontĂ© Ă  des doutes concernant le financement de certaines infrastructures de la BRI. En Europe, aux portes de l’Union europĂ©enne, un projet d’autoroute financĂ© en partie par la Chine et labellisĂ© Belt and Road est sous le feu des critiques ; il s’agit de la route reliant Bar Ă  Boljare au MontĂ©nĂ©gro, dont la construction par la China Road and Bridge Corporation a commencĂ© en 2015. Pour la premiĂšre section de cette route, le gouvernement montĂ©nĂ©grin a obtenu un prĂȘt de plus de 800 millions d’euros de la Banque chinoise pour les exportations et importations EXIM Bank. Selon le FMI, Podgorica aura besoin d’un autre milliard d’euros pour terminer cette route14. Ces dĂ©penses pĂšsent trĂšs lourdement dans le budget de ce pays d’environ 600 000 habitants. Certains observateurs redoutent que Podgorica ouvre plus amplement l’ensemble de son Ă©conomie Ă  la Chine dans le but de rembourser ses dettes, pour un projet qui n’est probablement pas viable d’un point de vue Ă©conomique en raison de la faiblesse du trafic routier. RĂ©ponse aux nouvelles routes de la Soie L’absence de position commune et la perspective de nouveaux investissements chinois en Europe ont pendant longtemps retardĂ© la formulation d’une rĂ©ponse europĂ©enne Ă  la BRI chinoise. D’autres puissances, ont, au contraire, cherchĂ© Ă  proposer rapidement une alternative au projet chinois. Les autres projets rĂ©gionaux et l’Initiative L’objectif de faire renaĂźtre les anciennes routes de la Soie n’est pas nouveau. Au lendemain de la chute de l’URSS, des projets ont vu le jour dans l’optique de dĂ©velopper des infrastructures de transport et d’énergie reliant l’Asie Ă  l’Europe. Cependant ces initiatives ont frĂ©quemment souffert d’une concurrence accrue, qui les a empĂȘchĂ©es d’aboutir pleinement. Dans le domaine de l’énergie, on peut mentionner le projet de pipeline de la Paix qui devait relier l’Iran, le Pakistan et l’Inde, ou encore le TAPI, regroupant le TurkmĂ©nistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde. Une autre initiative, qui ambitionnait elle aussi de faciliter les transports entre l’Asie centrale et l’Asie du Sud, est le Corridor International de Transport Nord Sud International North-South Transport Corridor, INSTC. Ce projet est nĂ© sous l’impulsion de la Russie, de l’Inde et de l’Iran en 2002. Il regroupe aujourd’hui la majoritĂ© des États d’Asie centrale et du Caucase. Mais ce n’est qu’à partir de 2012 que les premiĂšres infrastructures de l’INSTC ont vu le jour. Dans la rĂ©gion du Caucase, l’AzerbaĂŻdjan et la GĂ©orgie ont depuis longtemps le projet de crĂ©er un corridor Ă©conomique comprenant Ă  la fois des pipelines, des routes et des voies ferrĂ©es. L’ensemble de ces projets a souffert d’importants retards pour de multiples raisons. L’instabilitĂ© de la rĂ©gion, et plus particuliĂšrement les guerres en Afghanistan vĂ©ritable verrou entre l’Asie centrale et l’Asie mĂ©ridionale ont empĂȘchĂ© la rĂ©alisation de ces nouvelles routes. Les tensions rĂ©gionales, entre le Pakistan et l’Inde, les sanctions contre l’Iran ont aussi menacĂ© ces projets. Enfin, les États impliquĂ©s dans ces initiatives de connectivitĂ© n’ont pas toujours rĂ©ussi Ă  sĂ©curiser le financement, coĂ»teux, de ces infrastructures. Mais l’ensemble de ces projets n’a pas vocation Ă  concurrencer la BRI chinoise. Au contraire, l’initiative inaugurĂ©e par Beijing leur apporte un nouveau souffle, et leur permet de bĂ©nĂ©ficier d’une nouvelle manne financiĂšre. D’autre part, la puissance chinoise fait taire les dissensions inter-rĂ©gionales. Les États de la rĂ©gion sont en gĂ©nĂ©ral plus enclins Ă  accepter le leadership de la Chine, parfois Ă  contrecƓur, que celui de leur voisin. Ainsi l’AzerbaĂŻdjan, État clef du INSTC qui devrait prochainement abriter le siĂšge de l’organisation, s’est dĂ©clarĂ© prĂȘt Ă  contribuer Ă  la BRI et ainsi Ă  renforcer les Ă©changes entre l’Europe et la Chine. Le Pakistan constitue un autre exemple intĂ©ressant. Islamabad et Beijing dĂ©veloppent de concert le Corridor Économique Chine Pakistan, qui est Ă  ce jour le tronçon le plus avancĂ© de la BRI, avec notamment la construction du port en eau profonde de Gwadar. Cela n’a pas empĂȘchĂ© un membre du gouvernement pakistanais d’annoncer la possible participation de son pays au INSTC, dĂ©montrant qu’il n’existe pas de rĂ©elle concurrence entre ces projets. Des alternatives Ă  l’Initiative ? Aujourd’hui, peu d’États ont les moyens financiers et politiques de s’opposer frontalement au projet chinois. Seuls les États-Unis et l’Inde ont proposĂ© des possibilitĂ©s d’alternatives Ă  la BRI. Les États-Unis constituent la puissance qui s’est le plus fortement manifestĂ©e contre la BRI chinoise. L’administration de Donald Trump a, Ă  plusieurs reprises et ouvertement, mis en garde la communautĂ© internationale contre les dangers que posait l’initiative promue par Beijing. Rex Tillerson, secrĂ©taire d’État en 2017, avait dĂ©noncĂ© la menace que reprĂ©sentait le projet chinois sur la souverainetĂ© des États de la rĂ©gion, dans un discours sur les relations indo-amĂ©ricaines15. Le vice-prĂ©sident Mike Pence est allĂ© plus loin en dĂ©crivant la BRI comme une diplomatie de la dette debt diplomacy16. Pour s’opposer Ă  la Chine, les États-Unis ont choisi de faire renaĂźtre le dialogue quadrilatĂ©ral Quad Ă  l’occasion du sommet de l’APEC en novembre 2017, en compagnie de l’Australie, de l’Inde et du Japon. Créé en 2007 pour coordonner des exercices militaires en mer de Chine mĂ©ridionale, le Quad est alors rapidement abandonnĂ©. Aujourd’hui encore, l’Inde semble trĂšs rĂ©ticente Ă  dĂ©velopper avec les États-Unis cette initiative Ă  dominance militaire. Washington rĂ©flĂ©chit aussi Ă  la mise en place d’un projet d’infrastructures pour l’Asie. En juillet 2018, le secrĂ©taire d’État Mike Pompeo annonçait le lancement prochain d’un plan visant Ă  renforcer la connectivitĂ© dans la rĂ©gion Indo-pacifique18. En novembre 2017, New Delhi a lancĂ© avec Tokyo le Corridor de Croissance Asie–Afrique Asia-Africa Growth Corridor qui vise Ă  renforcer les Ă©changes entre les deux continents. L’Inde a compris les inquiĂ©tudes de certains États africains et asiatiques Ă  propos de la participation des entreprises d’État chinoises dans la BRI. Ce projet propose donc de favoriser l’entrepreneuriat et le secteur privĂ©. Mais les rĂ©alisations de ce corridor peinent Ă  se concrĂ©tiser et dĂ©pendront de la robustesse de l’axe indo-japonais. L’exemple japonais La stratĂ©gie europĂ©enne face Ă  l’initiative chinoise est Ă  rapprocher de la rĂ©ponse japonaise davantage que de celle de Washington. Bien que Tokyo ait collaborĂ© avec New Delhi sur le projet de Corridor de Croissance Asie–Afrique, le Japon est de plus en plus prĂ©sent au sein de la BRI chinoise. Il est vrai cependant que jusqu’ici, Tokyo a refusĂ© d’adhĂ©rer Ă  la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures et de signer un MĂ©morandum d’entente actant sa participation Ă  la BRI chinoise. Les entreprises japonaises sont nĂ©anmoins trĂšs prĂ©sentes sur les nouvelles routes de la Soie, notamment dans le secteur de la logistique. D’autre part, suite aux Ă©checs essuyĂ©s Ă  la fois par Beijing et Tokyo pour la construction de nouvelles voies ferrĂ©es en Malaisie19, les deux pays ont choisi de collaborer, et en septembre 2018 s’est tenu un premier comitĂ© Chine-Japon pour renforcer la coopĂ©ration dans le domaine ferroviaire en Asie. Le plan de connectivitĂ© Europe-Asie Il a fallu prĂšs de cinq ans pour que l’Union europĂ©enne propose une rĂ©ponse Ă  l’initiative Belt and Road. Celle-ci est maintenant prise en compte dans la stratĂ©gie europĂ©enne en Asie, et les États membres de l’Union qui ont le plus d’intĂ©rĂȘts en Asie l’ont Ă©galement intĂ©grĂ©e dans leur politique Ă©trangĂšre. Ainsi, le livre blanc de la stratĂ©gie Asie-OcĂ©anie 2030 de la France dĂ©crit l’initiative Belt and Road comme l’un des principaux facteurs de transformation du continent20. En septembre 2018, Frederica Mogherini, Haute reprĂ©sentante de l’Union pour les Affaires Ă©trangĂšres et la politique de sĂ©curitĂ© a dĂ©voilĂ© les premiĂšres lignes du plan de connectivitĂ© Europe-Asie. Le projet europĂ©en consiste principalement Ă  Ă©tendre les succĂšs de l’UE en matiĂšre de connectivitĂ© en dehors de l’Union. Ainsi, ce projet s’appuie en grande partie sur l’expĂ©rience acquise lors de la rĂ©alisation du programme TEN-T Trans-European Transport Networks ou rĂ©seau transeuropĂ©en de transport dont les premiĂšres orientations ont vu le jour en 1996. L’Union europĂ©enne a en effet pour objectif de connecter ses rĂ©seaux actuels de transports et d’énergie Ă  des pays tiers, principalement en Europe de l’Est BiĂ©lorussie, Moldavie, Ukraine et dans le Caucase ArmĂ©nie, GĂ©orgie, AzerbaĂŻdjan21. Comme la BRI, le projet europĂ©en comporte un volet numĂ©rique qui se traduirait par une poursuite du programme Digital4Development,lancĂ© en 2017, pour l’Asie, qui consiste Ă  dĂ©velopper des solutions numĂ©riques dans les rĂ©gions les plus isolĂ©es et Ă  promouvoir un internet plus sĂ»r afin de renforcer les Ă©changes. Ce plan insiste sur deux points importants qui pourraient le diffĂ©rencier de la BRI chinoise. Tout d’abord, la gouvernance et les rĂšgles de droits sont au cƓur du projet europĂ©en. Bruxelles a soigneusement pris en compte les critiques envers le manque de transparence de la BRI chinoise. Le deuxiĂšme point concerne les externalitĂ©s nĂ©gatives ». Une grande attention sera donnĂ©e Ă  l’impact environnemental et social des projets de connectivitĂ© europĂ©ens. On peut donc penser que ces projets ne devraient pas suivre le modĂšle du Big is beautiful qui caractĂ©rise malheureusement certains projets chinois. Contrairement Ă  d’autres projets dĂ©veloppĂ©s en rĂ©action Ă  la BRI chinoise, le plan europĂ©en reste ouvert Ă  l’ensemble de la communautĂ© internationale. Les premiers documents prĂ©sentant le programme insistent sur le besoin de coopĂ©ration rĂ©gionale et internationale. Selon ces documents, l’Union europĂ©enne est, par exemple, prĂȘte Ă  dialoguer avec l’Iran sur les questions de connectivitĂ©. Enfin, il est important de noter que le plan europĂ©en et l’initiative chinoise sont complĂ©mentaires, et vus comme tels Ă  la fois par la Chine et l’Europe. Ainsi, le mĂ©morandum d’entente22 signĂ© par Rome et Beijing mentionne explicitement la recherche de synergie entre la BRI et le TEN-T. Si l’Union europĂ©enne considĂšre la Chine comme un rival systĂ©mique »23, Bruxelles et Beijing continuent cependant une possible coordination entre le plan europĂ©en et l’initiative chinoise comme en tĂ©moigne la quatriĂšme rencontre de la plateforme de connectivitĂ© UE-Chine qui s’est tenue en marge du 21e sommet sino-europĂ©en en avril 2019. L’Union europĂ©enne est donc bien consciente qu’elle ne peut rivaliser avec la Chine pour la construction de nouvelles infrastructures reliant l’Europe Ă  l’Asie, en termes de ressources et de volontĂ© politique. De ce fait, contrairement Ă  Washington ou New Delhi, elle privilĂ©gie la coopĂ©ration Ă  la confrontation. En moins de cinq ans, la BRI chinoise est devenue un concept structurant des relations internationales, et continue de sĂ©duire de nombreux États dans le monde, participant ainsi Ă  l’émergence d’une superpuissance chinoise. Cependant, ce programme fait aussi face Ă  des critiques grandissantes – justifiĂ©es ou non – sur d’éventuels problĂšmes d’endettement et aussi sur l’impact environnemental de la BRI. Le projet europĂ©en, bien que plus modeste en terme de financement, prĂ©sente certains gages dans les domaines de la gouvernance et du dĂ©veloppement durable. Les projets chinois et europĂ©en paraissent ainsi complĂ©mentaires. Si les États europĂ©ens ne sacrifient pas leur vision collective de ce projet, et ne se concurrencent pas entre eux pour attirer d’éventuels investissements chinois – ce qui conduirait Ă  la possible duplication de certaines infrastructures –, de nouvelles routes de la Soie, qui assureraient des Ă©changes Ă©quitables de l’Europe Ă  la Chine, pourraient renaĂźtre.
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Lateinture de la soie a été effectuée dans de nombreuses villes de France, la région de Lyon étant le berceau de l'élevage du ver à soie, du développement des industries du moulinage et du tissage en France depuis le XIIIÚme siÚcle, c'est donc logiquement que l'on peut affirmer que c'est dans cette région que les teinturiers sont les plus performants.
L'Asie ABRITE PLUS DE LA MOITIÉ de la population mondiale. Zone de grandes civilisations dues Ă  des peuples que l'on se reprĂ©sente volontiers sages et lettrĂ©s, elle a d'abord Ă©tĂ© objet d'Ă©tude des orientalistes — philologues, historiens, historiens des religions et spĂ©cialistes de littĂ©rature — avant d'attirer les ethnologues. Pour ceux-ci, elle prĂ©sente des aspects contrastĂ©s de vastes rĂ©gions, en Asie du Sud-Est insulaire notamment, sont restĂ©es Ă  l'Ă©cart des grands courants culturels qui ont diffusĂ© de l'Inde ou de la Chine jusqu'au Japon ; d'autres, en Inde, en Chine et plus encore au Japon, se situent Ă  la pointe de la prĂ©sentation rĂ©gionale adoptĂ©e ici suit grosso modo le sens de la diffusion des grands courants de pensĂ©e. Elle va de l'Inde, aujourd'hui majoritairement hindouiste, naguĂšre berceau du bouddhisme, jusqu'Ă  l'archipel japonais, terminus de la route de la soie. Elle passe bien sĂ»r par la Chine, immense pays Ă  la fois socialiste, confucianiste et taoĂŻste. Elle s'arrĂȘte en chemin sur l'Asie du Sud-Est et les rĂ©gions himalayennes, qui apparaissent comme des zones de confluence, vĂ©ritables carrefours oĂč se rejoignent et s'affrontent les idĂ©es et les hommes. Raymond Jamous L'Inde est un sous-continent peuplĂ© de prĂšs d'un milliard d'habitants parlant des langues diversifiĂ©es que l'on peut regrouper en plusieurs familles, indo-europĂ©ennes, tibĂ©to-birmanes et dravidiennes. C'est un pays d'une grande diversitĂ© gĂ©ographique dont on retiendra les divisions suivantes les hautes terres himalayennes, les plaines indo-gangĂ©tiques du nord, les vallĂ©es alluviales du pays tamoul, le plateau du Deccan, chaque partie ayant son paysage, son agriculture, sa spĂ©cificitĂ© culturelle
 1. Le sous-continent Entre indologues et anthropologues le problĂšme de l'organisation sociale L'approche du systĂšme des castes Les mĂ©canismes des interactions De la caste Ă  l' Les castes et l' La Les thĂšmes rĂ©cents de la recherche indianiste2. L'aire culturelle D'une barriĂšre naturelle les hommes ont fait un carrefour de SociĂ©tĂ©s locales et pouvoirs Comparaisons La sociologie du bouddhisme et l'Ă©tude de la sociĂ©tĂ© laĂŻque3. L'Asie du sud-est et du monde Les recherches en Asie du L'ethnologie du monde chinois4. Le Les sources anciennes de l'ethnologie Le face-Ă -face avec l' L'abondance des Perspectives Raymond Jamous RAYMOND JAMOUS, directeur de recherches au CNRS, membre du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative », universitĂ© Paris X-Nanterre Anne De Sales ANNE DE SALES, chargĂ©e de recherches au CNRS, membre du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative », universitĂ© Paris X-Nanterre Bernard Formoso BERNARD FORMOSO, professeur d'ethnologie, membre du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative », universitĂ© Paris X-Nanterre Laurence Caillet LAURENCE CAILLET, professeur d'ethnologie, directeur du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative », universitĂ© Paris X-Nanterre Il vous reste Ă  lire 98 % de ce chapitre. LaNouvelle route de la soie est un projet de dĂ©veloppement Ă©conomique ambitieux (et gĂ©opolitiquement controversĂ©) de plusieurs milliards de AprĂšs que le Panama ait dĂ©clarĂ© vouloir rejoindre l’initiative Belt and Road » en novembre 2017, c’est au tour de l’ensemble des pays d’AmĂ©rique Latine d’adhĂ©rer Ă  l’initiative chinoise. Du 19 au 22 janvier 2018, le forum Chine-CELAC CommunautĂ© des Etats Latino-AmĂ©ricains et de la CaraĂŻbe s’est dĂ©roulĂ© Ă  Santiago du Chili. Le ministre chinois des affaires Ă©trangĂšres Wang YI est venu encourager les Ă©tats d’AmĂ©rique Centrale et des CaraĂŻbes Ă  dĂ©velopper leur commerce avec la Chine, et Ă  soutenir le multilatĂ©ralisme. Selon une reprĂ©sentante de l’ONU, l’initiative Belt and Road » pourrait servir de support pour des programmes d’investissements conjoints entre la Chine et certains Ă©tats d’AmĂ©rique Latine, notamment dans les secteurs de l’agriculture et des Ă©nergies renouvelables. Lors de ce forum, plusieurs Ă©tats dont le Chili et la Bolivie ont dĂ©clarĂ© vouloir intĂ©grer l’initiative Belt and Road ». La Chine a considĂ©rablement augmentĂ© sa prĂ©sence en AmĂ©rique Latine sous la prĂ©sidence de Xi Jinping. La Chine se classe parmi les trois premiers partenaires commerciaux pour l’ensemble des Ă©tats de la CELAC. Le Chili et la Chine ont conclu un accord de libre Ă©change en 2006. En novembre 2017, la prĂ©sidente du Chili Michelle Bachelet et le prĂ©sident Xi Jinping ont acceptĂ© de renforcer cet accord de libre Ă©change. Pour certains Ă©tats d’AmĂ©rique Latine, la Chine est devenue un partenaire nĂ©cessaire Ă  leur stabilitĂ©. Ainsi, les exportations vers la Chine assure prĂšs d’un tiers du surplus commercial du BrĂ©sil. En 2017, les entreprises chinoises ont augmentĂ© leurs investissements au BrĂ©sil malgrĂ© la crise politique que connaĂźt le pays, et ont fait l’acquisition de certaines infrastructures clefs du pays. Le groupe chinois HNA est un ainsi devenu l’actionnaire majoritaire de l’aĂ©roport international de Rio. Le futur du Venezuela est en partie entre les mains de Beijing. Caracas connait une grave crise politique sous la prĂ©sidence de Nicolas Maduro. La Chine s’est rendue indispensable pour Caracas grĂące Ă  d’importants prĂȘts. Lors du forum Chine-CELAC, la Chine et le Venezuela se sont engagĂ©s Ă  renforcer leurs Ă©changes. Enfin, l’intĂ©gration de l’AmĂ©rique Latine dans l’initiative Belt and Road » et l’augmentation des investissements chinois dans la rĂ©gion pourraient dĂ©cider des Ă©tats comme le Paraguay et des pays d’AmĂ©rique centrale tels que le Nicaragua, El Salvador, le Guatemala, le Honduras et Belize Ă  reconnaitre la politique d’une seule Chine. Cartedes principales routes commerciales de la route de la soie : en rouge, les routes terrestres, DĂ©tail des passages Nord et Sud autour du dĂ©sert du Taklamakan. Les principales routes de la soie entre 500 av. J.-C. et 500 ap. J.-C. (en latin). Le prĂ©historien AndrĂ© Leroi-Gourhan considĂšre [rĂ©f. souhaitĂ©e] cette route comme un espace d'Ă©changes actifs dĂšs le palĂ©olithique Le programme des nouvelles routes de la soie Belt and Road Initiative, BRI dĂ©voilĂ© par la Chine en septembre 2013 vise Ă  faciliter, sĂ©curiser dans plusieurs sens du terme et harmoniser les Ă©changes commerciaux internationaux depuis et vers la Chine, ceux-ci s’intensifiant depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000. Ce vaste projet qui porte principalement sur les transports terrestres et maritimes entraĂźne Ă©galement des investissements dans d’autres infrastructures Ă©nergie et tĂ©lĂ©communication notamment. Initialement prĂ©vue pour les Ă©changes eurasiens, la carte des nouvelles routes de la soie 65 pays en 2015 n’a cessĂ© depuis d’évoluer au fur et Ă  mesure de l’adhĂ©sion de nouveaux pays ou organisations 139 pays en janvier 2020. En effet, ce projet que la Chine Ă©valuait au dĂ©part Ă  1 000 Milliards d’USD et cofinancĂ© par la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures BAII est perçu comme une opportunitĂ©, surtout par les pays isolĂ©s et les pays en dĂ©veloppement dont les crĂ©dits consentis par les institutions historiques ne sont pas Ă  la hauteur des investissements nĂ©cessaires pour accompagner leur croissance parfois proche des deux du risque de surendettement que pourrait entraĂźner le financement de chantiers de grande ampleur, la Banque Mondiale reconnaĂźt nĂ©anmoins que la BRI contribuera Ă  amĂ©liorer l’économie des pays participants et donc les conditions de vie de leurs citoyens sous rĂ©serve cependant que ces pays appliquent une politique de transparence et qu’ils prennent en considĂ©ration les enjeux environnementaux, sociaux et de de la RĂ©union comme hub maritime en ocĂ©an IndienDans l’ocĂ©an Indien, La RĂ©union dĂ©partement et rĂ©gion française dont le PIB est de moitiĂ© infĂ©rieur Ă  celui de la mĂ©tropole, affiche une croissance mitigĂ©e et une chute des exportations de 12,5 % en 2018. Pourtant, lorsque la Chine adhĂšre Ă  l’OMC en 2001, l’üle de La RĂ©union entrevoit trĂšs tĂŽt l’opportunitĂ© de dĂ©velopper son Ă©conomie. Devenue rĂ©gion ultrapĂ©riphĂ©rique en 2003, La RĂ©union officialise ses relations l’annĂ©e mĂȘme en signant un accord cadre avec la rĂ©publique populaire de Chine et une convention de coopĂ©ration avec la ville portuaire de Tianjin, quatriĂšme ville la plus importante de Chine en nombre d’habitants. Les retombĂ©es sont timides, mais l’üle persĂ©vĂšre. C’est Ă  partir de 2009, avec l’ouverture d’un consulat Ă  Saint-Denis, que les relations sino-rĂ©unionnaises prennent un nouvel Ă©lan. Un institut Confucius siĂ©geant au sein de l’universitĂ© de La RĂ©union est inaugurĂ© en 2010. L’annĂ©e qui suit, la Chine accorde Ă  La RĂ©union le statut de destination touristique autorisĂ©e, un graal pour l’üle qui ne comptabilise quasiment pas de touriste chinois contrairement Ă  ses voisines, Maurice et l’absence de ligne aĂ©rienne directe entre la Chine et La RĂ©union jusqu’en 2017 n’amĂ©liore pas la situation. Avec l’annonce du projet des nouvelles routes de la soie en 2013, l’üle pense trouver une nouvelle voie. En effet, devant l'hĂ©sitation de Maurice Ă  signer un accord sur la BRI alors qu’elle est la mieux placĂ©e sur la route maritime qui relie l’Asie Ă  l’Afrique du sud, La RĂ©union ne cache pas son ambition de devenir le hub maritime des nouvelles routes de la soie pour le triangle Asie-Afrique-Australie. Le premier forum Ă©conomique Chine-RĂ©union se tient en 2017 et La RĂ©union ouvre une antenne de RĂ©gion Ă  Tianjin en 2018. La PolynĂ©sie française comme un hub numĂ©rique dans le Pacifique sudDans le Pacifique sud, en PolynĂ©sie française collectivitĂ© française d’outre-mer, le tourisme contribuerait pour 13% Ă  son PIB marchand, ce qui est peu compte tenu du potentiel de ses Ăźles. Une raison est que ces perles du Pacifique situĂ©es Ă  plus de 5 000 km de tout continent sont perçues comme des destinations inaccessibles, tant par l’éloignement que par le coĂ»t du voyage. A l’instar de La RĂ©union, la PolynĂ©sie française a vu dans l’ouverture et la croissance en devenir de la Chine une opportunitĂ© de dĂ©velopper son tourisme. Le Consulat gĂ©nĂ©ral de Chine en PolynĂ©sie française ouvre ses portes en 2007. En mars de l’annĂ©e suivante, la Chine accorde Ă  la PolynĂ©sie française le statut de destination touristique agréée » puis l’universitĂ© de PolynĂ©sie française accueille un Institut Confucius Ă  partir de 2013. En 2015, le prĂ©sident de la PolynĂ©sie française signe un accord avec Hainan Airlines HNA pour le dĂ©veloppement du tourisme chinois dans les Ăźles. Cependant, suite aux difficultĂ©s financiĂšres de HNA en 2017, la frĂ©quentation touristique chinoise ne progresse pas environ 5 000 chinois pour 216 000 touristes en 2018.Face Ă  ces dĂ©boires, la PolynĂ©sie française Ă©tudie Ă©galement d’autres leviers de croissance. SituĂ©e Ă  la croisĂ©e de 4 continents, la PolynĂ©sie française pourrait devenir un hub dans le Pacifique. Non pas un hub de transbordement, car elle est totalement excentrĂ©e des couloirs maritimes, mais un hub numĂ©rique. La PolynĂ©sie a accĂšs au haut dĂ©bit depuis 2010 par un cĂąble sous-marin reliant Tahiti Ă  HawaĂŻ. Par sĂ©curitĂ©, un second cĂąble a Ă©tĂ© posĂ© en 2020, reliant la PolynĂ©sie française Ă  la Nouvelle-ZĂ©lande. La collectivitĂ© Ă©tant peu peuplĂ©e et se situant en fin de parcours de ces cĂąbles, ceux-ci sont trĂšs largement sous-utilisĂ©s. Devenir le point de jonction entre les continents lui permettrait de tirer profit de ses surcapacitĂ©s. Dans le cadre des nouvelles routes de soie le Chili envisage de construire un cĂąble sous-marin qui le relierait Ă  la Chine. Il s’agira du premier cĂąble reliant l’AmĂ©rique du sud Ă  l’Asie et la PolynĂ©sie française se situe sur le parcours. Le prĂ©sident de la PolynĂ©sie française a rencontrĂ© le prĂ©sident du Chili afin de confirmer l’intĂ©rĂȘt du Pays pour le projet. La transparence comme moyen de lĂ©gitimation de l'influenceLa rĂ©cente politique d’ouverture de la Chine a entraĂźnĂ© l’ouverture de nombreuses rĂ©sidences ou de services diplomatiques Ă  travers le monde en un temps court. Il s’agit d’une procĂ©dure habituelle de chaque pays entretenant des relations avec la localitĂ© hĂŽte ou ayant des ressortissants rĂ©sidant dans cette localitĂ© d’avoir une reprĂ©sentation ou un service diplomatique sur place. Le fait que la prĂ©sence diplomatique chinoise s’accompagne de l’ouverture d’instituts Confucius 541 instituts Ă  ce jour s’inspire des dĂ©marches d’autres puissances pour promouvoir leur culture Ă  travers le monde, notamment de la France 800 implantations Alliance française, du Royaume-Uni le British Council dans plus de 100 pays, de l’Allemagne 157 instituts Goethe et de l’Espagne 86 instituts Cervantes. Les investissements et aides aux investissements Ă  l’étranger font Ă©galement partie des opĂ©rations courantes rĂ©alisĂ©es par toutes les dĂ©marche inĂ©dite de la Chine est ailleurs. Elle est dans l’annonce au monde entier de son projet d’envergure internationale, Ă  partir de septembre 2013, avant mĂȘme d’avoir Ă©changĂ© avec les pays concernĂ©s, d’afficher clairement ses motivations et de publier les Ă©volutions du projet et l’état d’avancement. En agissant ainsi, lĂ  oĂč habituellement des Ă©changes Ă  huis clos prĂ©cĂšdent les annonces publiques, lĂ  oĂč il est difficile de connaĂźtre Ă  l’avance et plus tard les plans stratĂ©giques ou les vĂ©ritables plans stratĂ©giques des parties cette situation d’ailleurs fait partie des plans, en dĂ©voilant ses plans ouvertement, la Chine a pris de court toutes les autres nations, coupĂ© l’herbe sous le pied de quiconque avait d’autres plans non dĂ©voilĂ©s et a mis sous pression ceux qui ont trop tardĂ© Ă  mettre en place leur propre transparence affichĂ©e tout en insistant sur les rapports gagnant-gagnant qui rend difficilement contestable le bien-fondĂ© du projet, a confĂ©rĂ© Ă  la Chine un pouvoir d’attraction, ayant pour consĂ©quence une avalanche de manifestations d’intĂ©rĂȘt. Alors que certains projets n’entraient pas dans le cadre des nouvelles routes de la soie ce sont les pays candidats eux-mĂȘmes qui justifiaient auprĂšs de la Chine l’intĂ©rĂȘt de les intĂ©grer aux nouvelles routes de la soie, sans nĂ©cessairement solliciter une participation de la Chine dans les investissements par pour autant adhĂ©rer officiellement au projet en Europe de l’ouest par exemple, seuls l’Italie, le Portugal, la Suisse et le Luxembourg ont signĂ© un protocole d’accord sur la BRI, toutes les grandes puissances sont membres de la BAII créée en 2014 spĂ©cialement pour le projet, exceptĂ© les Etats-Unis, dont il aura fallu attendre quelques annĂ©es les premiĂšres rĂ©actions, des rĂ©actions d’inquiĂ©tude et de colĂšre de n’avoir rĂ©agi plus tĂŽt, sans nommĂ©ment citer le projet des nouvelles routes de la soie. En 1995, il pousse jusqu’au coeur du Tibet sacrĂ©, au pied du mont Kailash. Ensuite, il s’intĂ©resse Ă  l’Afghanistan, au Pakistan, en Inde encore, au NĂ©pal, Ă  la Route de la Soie, Ă  l’Asie du Sud-est avant de retourner au Tibet en 2010 pour y tourner un documentaire Ă  la fois intimiste et universel. Il a aussi deux tours du
Par Tristan Tottet Mythe ou lĂ©gende des siĂšcles ? Les Routes de la Soie font rĂ©fĂ©rence Ă  un imaginaire collectif qui relie l’Occident Ă  l’Orient en passant par l’Asie centrale. C’est celui insufflĂ© par les rĂ©cits des voyageurs, marchands ou explorateurs, de Fa Xian au Ve siĂšcle Ă  Marco Polo aux XIII-XIVe siĂšcles, du berbĂšre Ibn Battuta au XIVe siĂšcle aux missions des jĂ©suites dĂšs le XVIe siĂšcle. Rappel la soie, source de lĂ©gendes multiples est une invention chinoise longtemps exclusivitĂ© gardĂ©e secrĂšte. Au IIe siĂšcle avant JĂ©sus-Christ, l’empire chinois doit faire face Ă  des peuples nomades venant des steppes de SibĂ©rie. Pour contrer cette menace et faire face Ă  cet ennemi, les empereurs chinois ont fait alliance Ă  l’ouest avec le royaume grĂ©co-bactrien- 1. C’est ainsi que les premiĂšres Routes de la soie ont vu le jour, afin d’assurer la sĂ©curitĂ© territoriale chinoise et du territoire grĂ©co-bactrien. Pour les EuropĂ©ens, il est difficile de localiser le centre de l’Asie centrale. L’espace eurasien se caractĂ©rise comme un espace complexe et longtemps refermĂ© sur lui-mĂȘme car dominĂ© par des empires. Cette hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© de l’Asie centrale est fondamentale pour la comprĂ©hension des enjeux actuels. Cette partie du continent eurasiatique se trouve ĂȘtre le carrefour des Routes de la soie, ainsi qu’une zone de convoitise et de sphĂšres d’influence. Les ruines de Merv au TurkmĂ©nistan, jadis point de jonction des caravanes Sur le seul plan culturel, ces vastes mouvements d’ouverture et de fermeture, volontaires ou imposĂ©s, font partie de la longue histoire du continent eurasien, avec comme tĂȘtes de pont l’Europe d’un cĂŽtĂ© et la Chine de l’autre. Cette interaction entre les peuples a permis une diffusion religieuse, le zoroastrisme dans la rĂ©gion persique ou le bouddhisme en Chine. C’est aussi un vecteur culturel, la diffusion de l’art grĂ©co-bouddhique du Gandhara2, avec l’expansion des techniques chinoises de l’acier ou bien encore la diffusion du papier vers l’Europe. Le XVe siĂšcle est marquĂ© par la disparition des premiĂšres Routes de la soie. En une pĂ©riode rĂ©duite, cet effacement s’explique en mĂȘme temps, par le repli sur soi chinois aprĂšs les expĂ©ditions maritimes de Zheng He au XVe siĂšcle et par la dĂ©couverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492. Pendant cinq siĂšcles, l’expression de Routes de la soie disparaĂźt. Elle ne rĂ©apparaĂźt qu’en 1979, dans le contexte des rĂ©formes Ă©conomiques en Chine engagĂ©es par Deng Xiaoping et en Europe avec l’effondrement de l’Union soviĂ©tique en 1991. Les caractĂ©ristiques des Nouvelles Routes de la Soie . La fin de la Guerre Froide permet un dĂ©senclavement de l’Asie centrale. En 2013, Xi Jinping, prĂ©sident de la RĂ©publique populaire de Chine, arrive au pouvoir et lance une initiative connue sous l’appellation » les Nouvelles Routes de la soie ». Le projet se base sur la dĂ©finition originelle faire du commerce de marchandises de l’Asie vers l’Europe avec comme centre nodal l’Asie centrale Ă  travers un rĂ©seau complexe de lignes de chemin de fer et de routes navales. AprĂšs la crise financiĂšre qui a secouĂ© le monde avant et au dĂ©but des annĂ©es 2010, les États-Unis restent la premiĂšre puissance mondiale, mais la Chine, seconde puissance Ă©conomique mondiale et premiĂšre dĂ©tentrice des bons du TrĂ©sor amĂ©ricains gagne de plus en plus d’influence. Ce nouveau statut lui permet d’affirmer sa puissance financiĂšre et de lancer des investissements massifs en Asie centrale, zone traditionnellement considĂ©rĂ©e par les grandes puissances comme un Heartland. Les Nouvelles Routes de la soie se dĂ©veloppent autour d’une ceinture terrestre et maritime qui doit relier la Chine Ă  l’Union EuropĂ©enne. ConcrĂštement, elles s’organisent avec une sĂ©rie d’investissements dans des projets ferroviaires, autoroutiers, portuaires ou Ă©nergĂ©tiques, avec Ă  la clef, la crĂ©ation de parcs industriels ou de zones franches en Asie, en Europe centrale et au Moyen-Orient, qui s’élĂšvent Ă  plus de 1 000 milliards de dollars. La Commission nationale chinoise pour le dĂ©veloppement et la rĂ©forme CNDR, le ministĂšre chinois des affaires Ă©trangĂšres et le ministĂšre chinois du commerce, ont publiĂ© en mars 2015 en France le document Vision et Actions. Il souligne la vision prĂ©cise de Beijing dans le dĂ©veloppement des Nouvelles Routes de la soie. Toutefois, elle est encore Ă  l’état de projet mĂȘme si celui-ci semble s’accĂ©lĂ©rer. D’aprĂšs les prĂ©visions officielles chinoises, le projet est au milieu de la phase 2. Pour mĂ©moire, la phase 1, de 2013 Ă  2016, a Ă©tĂ© l’émergence d’une classe moyenne chinoise. La phase 2 correspond Ă  la mise en Ɠuvre des Routes de la soie et a dĂ©butĂ© en 2016. Cette phase doit se terminer en 2021. Ensuite pour 2035, la RĂ©publique populaire Chine doit avoir fini sa phase de modernisation pour qu’à la cĂ©lĂ©bration de son centenaire en 2049 elle soit une nation puissante, riche et ancrĂ©e au sein du reste du continent eurasien. Le rĂ©sultat doit ĂȘtre, sauf imprĂ©vu, un marchĂ© intĂ©grĂ© de 4,5 milliards de personnes utilisant pour la plupart leurs monnaies locales pour les Ă©changes bilatĂ©raux et multilatĂ©raux. Les consĂ©quences des Nouvelles Routes de la Soie pour l’Eurasie ? Actuellement, l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie regroupe 65 pays qui reprĂ©sentent 60% de la population et environ le tiers du PIB mondial. Pour ĂȘtre Ă  la hauteur des prĂ©tentions du projet, Beijing s’est aussi lancĂ© dans la crĂ©ation d’une grande banque d’investissement la Banque de dĂ©veloppement de Chine. A elle seule, elle dispose d’une rĂ©serve de plus de 800 milliards d’euros d’investissements qui peuvent financer jusqu’à 900 projets. Les autres bailleurs de fonds du projet sont au nombre de trois la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, la Nouvelle Banque de dĂ©veloppement des BRICS BrĂ©sil, Russie, Inde, Chine Afrique du Sud et le Fonds de la Route de la soie. Par cette explosion des projets, le gĂ©ant chinois cherche aussi Ă  rendre plus sĂ»r son approvisionnement en matiĂšres premiĂšres en maĂźtrisant l’acheminement de ses produits vers ses principaux marchĂ©s, particuliĂšrement l’Europe, et en mettant en place un systĂšme monĂ©taire rĂ©gional dominĂ© par la monnaie chinoise, le yuan. Les Nouvelles Routes de la Soie entrent dans une volontĂ© d’intĂ©gration transcontinentale en faveur de Beijing. Les corridors de dĂ©veloppement et d’intĂ©gration doivent prospĂ©rer. Ces corridors passent normalement par l’Asie centrale et la Russie. Cette route terrestre est complĂ©tĂ©e par une route maritime. Celle-ci doit relier une trentaine de ports au dĂ©part de la mer de Chine en passant par le Golfe du Bengale, la cĂŽte orientale de l’Afrique et le canal de Suez pour arriver en MĂ©diterranĂ©e. Le principal corridor Ă©conomique correspond Ă  un axe Chine, Asie centrale et Europe occidentale. Il part de la rĂ©gion autonome ouĂŻgoure peuple turcophone et sunnite au Xinjiang, et relie le rĂ©seau ferroviaire d’Asie centrale, jusqu’à la PĂ©ninsule arabique et au littoral mĂ©diterranĂ©en. Il traverse cinq pays d’Asie centrale le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l’OuzbĂ©kistan et le TurkmĂ©nistan, un pays du Moyen-Orient, l’Iran ainsi que la Turquie. Des infrastructures complĂštes Toutefois, le projet chinois dĂ©veloppe d’autres axes comme par exemple celui de la pĂ©ninsule indienne. Cela se traduit par la crĂ©ation d’un corridor qui raccorde la rĂ©gion Xinjiang en Chine au port en eau profonde de Gwadar au Pakistan. En plus du projet ferroviaire sont englobĂ©s Ă©galement plusieurs projets de dĂ©veloppement d’infrastructures, tels que des gazoducs, olĂ©oducs et un rĂ©seau de tĂ©lĂ©communications. Theory de sir Mackinder 1861_1947 L’initiative chinoise s’intĂšgre au sein d’un espace transnational, s’inscrivant dans la volontĂ© de crĂ©ation d’un espace commun. Pour comprendre l’importance gĂ©opolitique de l’espace eurasiatique, il faut revenir Ă  la thĂ©orie du Heartland de Mackinder. Ce dernier en 1904, a soumis un article Ă  la Royal Geographical Society intitulĂ© The Geographical Pivot of History, dans lequel il formule cette fameuse thĂ©orie, qu’il rĂ©sume plus tard par une anaphore Qui contrĂŽle l’Europe de l’Est contrĂŽle l’Heartland, qui contrĂŽle l’Heartland contrĂŽle l’Île Monde, qui contrĂŽle l’Île Monde contrĂŽle le Monde. » Au XXIe siĂšcle, cette thĂ©orie trouve un Ă©cho dans la relation sino-russe. C’est pourquoi en 2015, la dĂ©claration commune de Xi Jinping et du prĂ©sident russe Vladimir Poutine est importante. A cette occasion, le prĂ©sident russe a exprimĂ© sa volontĂ© de coordonner l’Union Ă©conomique eurasiatique dont la Russie est le chef de file, avec la ceinture Ă©conomique chinoise. Il a notĂ© que la Russie dĂ©tient 6% des parts de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, ce qui la place Ă  la troisiĂšme place des investisseurs. Cette bonne entente entre la Russie et la Chine se constate encore aujourd’hui avec la participation, de Xi Jinping au Forum Ă©conomique oriental qui se tient annuellement Ă  Vladivostok dans l’ExtrĂȘme-Orient russe. Cette visite du dirigeant chinois dans le forum de prĂ©dilection de Poutine renforce le message selon lequel les deux dirigeants veulent renforcer leurs liens malgrĂ© un isolement russe en Europe. Tristan Tottet 1-Les royaumes grĂ©co-bactriens ont Ă©tĂ© formĂ©s par des souverains hellĂ©nistiques dans la partie de l’Asie conquise par Alexandre. 2° Gandahara rĂ©gion antique du nord du Pakistan, haut-lieu de l’Art grĂ©co-boudhique. Le deuxiĂšme volet vous sera offert le WE prochain. La situation dĂ©crite s’élargit cette fois plus prĂ©cisĂ©ment Ă  l’Europe sous le titre La Chine et l’Union EuropĂ©enne, un mariage de raison?
Laroute M41 qui conduit au Pamir fut achevĂ©e sous Staline, dans les annĂ©es 1930. Depuis DouchanbĂ©, elle file vers l’est par des steppes brĂ»lĂ©es de soleil. Elle rejoint l’Amou-Daria au village de Kalai Khumb, distant de 400 kilomĂštres. Comment ne pas contempler avec Ă©motion ce fleuve emblĂ©matique que les Grecs appelaient Oxus ? La Nouvelle route de la Soie ouvre d’énormes opportunitĂ©s pour les entreprises, pour le Business. Cet article explique ce gigantesque projet et vous pourrez Ă©changer en commentaires. L'Agence Marketing Chine Nous sommes L'agence de Web & Marketing 1 en Chine. Nos Services E-Commerce, Search Engine Optimization, PublicitĂ©, Weibo, WeChat, WeChat Store & PR. La Chine Avec une civilisation vieille de plus de 2000ans, les Chinois ont fondĂ© la premiĂšre route commerciale reliant l’Asie Ă  l’Europe, nommĂ©e en rĂ©fĂ©rence Ă  la marchandise la plus exportĂ©e, La Route de la Soie ». On peut donc dĂ©battre que la mondialisation a commencĂ© en -138 avant JĂ©sus Christ, avec la fondation de ce faisceau d’itinĂ©raires commerciaux incroyable pour l’époque. ï»ż Ce qui est sĂ»r, c’est que l’impact de ce rĂ©seau a Ă©tĂ© Ă©norme Ă  travers le monde, et ce pendant des centaines d’annĂ©es. C’est pourquoi en 2013, le prĂ©sident Chinois Xi Jinping a lancĂ© le pari fou de crĂ©er une nouvelle route de la Soie, en souvenirs de cette Ă©poque glorieuse de la Chine. Egalement appelĂ©e La Ceinture et la Route » OBOR en anglais, pour One Belt One Road, elle se consiste en un rĂ©seau de routes, de chemins de fers, de gazoducs et d’olĂ©oducs reliant la Chine au reste du monde. Mais en plus de ces nombreuses constructions et installations physiques, ce projet devrait aussi mener Ă  l’élaboration de la plus grande plateforme coopĂ©rative au monde. En effet, le but est Ă©galement de faciliter les Ă©changes politiques et socioculturels, en plus des Ă©changes Ă©conomiques. Plus de 100 pays venant des 5 continents ont dĂ©jĂ  Ă©mis leur intĂ©rĂȘt pour participer Ă  cette initiative, car ils pourraient toutes en bĂ©nĂ©ficier. La nouvelle route de la Soie devrait toucher 65% de la population mondiale, 1/3 du PIB mondial et ÂŒ des Ă©changes de biens et de services. Ce qui laisse prĂ©sager l’influence Ă©norme et l’immensitĂ© des investissements Ă  venir. Ceci pourrait donc transformer l’avenir du monde Ă©conomique tel qu’on le connaĂźt et donner un tout nouveau tournant Ă  la mondialisation. ï»ż La nouvelle route de la Soie Les objectifs de la Chine derriĂšre cette initiative Bien que l’influence de la Chine ne soit pas nĂ©gligeable, elle ne compte pas s’arrĂȘter lĂ . Se sentant dĂ©laissĂ©e de ne pas faire partie du G7, la Chine souhaite Ă©largir encore plus son influence Ă  l’international. Avec une route allant jusqu’en Europe, passant mĂȘme par le Moyen-Orient et la Scandinavie, la Chine a toutes ses chances de dĂ©velopper sa puissance. De plus, une route maritime fait Ă©galement partie du projet, ce qui renforcera son influence de l’Asie jusqu’à Venise. Cette dĂ©marche devrait s’annoncer florissante d’un point de vue Ă©conomique Ă©galement. MalgrĂ© le ralentissement de leur croissance derniĂšrement, la Chine investit beaucoup dans la nouvelle route de la Soie pour stimuler le commerce et retourner la tendance de leur PIB et retrouver une croissance rapide. Le yuan devrait ĂȘtre beaucoup plus utilisĂ©, ce qui devrait renforcer son image de potentielle monnaie internationale ». Car le dollar est aujourd’hui beaucoup trop prééminent par rapport Ă  la place des Etats-Unis dans l’économie mondiale actuelle. De plus, ces nouvelles routes relieront Ă©galement les pays de Chine les plus reculĂ©s. Ce qui permettra aux provinces les plus pauvres, dans les rĂ©gions de l’Est et du Sud, de bĂ©nĂ©ficier de cette opportunitĂ© de cette nouvelle connexion au monde pour dĂ©velopper leur croissance Ă©conomique. Ainsi que d’exporter aux autres continents leurs capacitĂ©s excĂ©dentaires. ï»żï»ż Les opportunitĂ©s pour les pays partenaires MĂȘme si la Chine a beaucoup Ă  gagner dans ce projet, les autres pays impliquĂ© dans la nouvelle route de la Soie devraient aussi en tirer de grands bĂ©nĂ©fices. Cela pourrait par exemple attĂ©nuer le dĂ©ficit infrastructurel de certains pays en dĂ©veloppement. De plus, le PIB des pays partenaires se verra naturellement augmenter grĂące Ă  l’accroissement des Ă©changes de biens et services entre les pays. Tout cela sera facilitĂ© par cette plateforme d’échange et de coopĂ©ration mondiale. La Chine est donc, plus que jamais, un marchĂ© idĂ©al oĂč investir. Au vue de leur immense population, ils reprĂ©sentent dĂ©jĂ  un marchĂ© Ă©norme pour n’importe quelle industrie. Ils sont nombreux, s’enrichissent de plus en plus et raffolent des produits Ă©trangers. Alors si vous hĂ©sitiez Ă  venir pĂ©nĂ©trer ce marchĂ© qui semble si loin et inaccessible, n’hĂ©sitez plus ! Certains secteurs devraient tout de mĂȘme plus bĂ©nĂ©ficier que d’autres de cette initiative. C’est notamment le cas des secteurs dans la construction et l’ingĂ©nierie, ainsi que les constructeurs de biens d’équipements et les producteurs de matiĂšre premiĂšre. Cependant, tous les investisseurs sont les bienvenues. Et puisqu’il peut sembler effrayant de se lancer dans la grande aventure Ă  l’autre bout du monde, dans un marchĂ© si diffĂ©rent, notre entreprise de marketing digital est lĂ  pour vous aider et vous assurer une visibilitĂ© maximale en Chine. Avec toutes ces clĂ©s en main, votre succĂšs est garanti ! De plus, des Ă©tudes rĂ©centes ont prouvĂ© que l’intĂ©rĂȘt des entreprises françaises pour les Chinois est toujours trĂšs fort. Alors ne loupez pas cette chance et les opportunitĂ©s futures que la nouvelle route de la Soie s’apprĂȘte Ă  offrir. TrĂšs bonne intervention de JP Raffarrin ï»ż Faut il avoir peur de la Route de la Soie? trĂšs bonne intervention. autre discussion sur le Business ici, sur les affaires ici et un guide Marketing en Cadeau. Pouvez vous donner votre avis sur ces nouvelles routes de la soie? En commentaire
Lautre sixiĂšme est absorbĂ© par la consommation locale. — En Portugal, la production de la soie a toujours Ă©tĂ© minime : 30 000 kgr. dans les meilleures annĂ©es, 15 000 dans les annĂ©es ordinaires. La sĂ©riciculture est localisĂ©e dans les districts de Bragance, Villa Real, Vizeu, Guarda.
L’OuzbĂ©kistan, ce pays encore trop mĂ©connu en plein cƓur de l’Asie Centrale a pourtant tant Ă  offrir. Étape majeure sur la mythique Route de la Soie, traversĂ©e par les grands caravaniers depuis la Chine vers l’Europe, l’OuzbĂ©kistan est une terre de lĂ©gendes. Son histoire millĂ©naire, fruit de plusieurs dynasties et des grandes conquĂȘtes d’Alexandre le Grand, Gengis Khan, Emir Timour, jusqu’ Ă  la rĂ©pression soviĂ©tique, a laissĂ© des vestiges et un patrimoine exceptionnels que je vous propose de dĂ©couvrir lors d’un voyage conçu sur mesure. Au-delĂ  de ses merveilles d’architecture et de la fascination de ses vestiges, ce vaste pays de l’Asie centrale renferme des richesses naturelles insoupçonnĂ©es. C’est aussi une mosaĂŻque culturelle mais aussi une destination idĂ©ale pour les voyageurs en quĂȘte d’authenticitĂ©. Contactez nos conseillers pour Ă©laborer ensemble un voyage sur-mesure en OuzbĂ©kistan. Organiser un voyage en OuzbĂ©kistan avec nos experts Milena, Laurent et Guillaume partagent avec vous leur feuille de route pour un voyage d'exception 100% personnalisĂ© contacter un conseiller-expert Tous nos circuits Personnalisables en OuzbĂ©kistan Vous ĂȘtes tout proche de votre prochaine destination ! Contactez nos conseillers-experts pour prĂ©parer votre voyage sur-mesure. Circuit PrivĂ© À partir de 1700 € par personne 8 jours et 6 nuits Circuit PrivĂ© À partir de 1950 € par personne 11 jours et 9 nuits Circuit accompagnĂ© À partir de 2000 € par personne 12 jours et 10 nuits Circuit accompagnĂ© À partir de 2350 € par personne 14 jours et 12 nuits Circuit PrivĂ© À partir de 2600 € par personne 12 jours et 10 nuits Circuit PrivĂ© À partir de 2690 € par personne 12 jours et 10 nuits Souvenirs de voyages Avis et tĂ©moignage client Voyage trĂšs agrĂ©able, surprenant, trĂšs riche en histoire, trĂšs bien organisĂ© au niveau visites et emploi du temps sans contrainte avec guide trĂšs intĂ©ressant et attentionnĂ© Jabborov Abdurauf. Pays accueillant. Repas succulents. Martine - OuzbĂ©kistan Le prestataire local a Ă©tĂ© exceptionnel il a rĂ©cupĂ©rĂ© nos vĂȘtements oubliĂ©s dans les hĂŽtels ou les aĂ©roports puis contacter un guide supplĂ©mentaire pour la ville de SAMARKANDE Christian - OuzbĂ©kistan Excellente dĂ©couverte de l’Asie centrale grĂące Ă  notre guide Sardor trĂšs compĂ©tent et de plus trĂšs gentil et trĂšs attentionnĂ©. TrĂšs bon souvenir Nicole - OuzbĂ©kistan Voyage privatif en tous points excellent. Pour les prĂ©paratifs MARION a Ă©tĂ© d’une aide prĂ©cieuse. Notre guide DONIYORE toujours disponible et souriant nous a emmenĂ© au plus prĂšs de la population et a su nous captivĂ© sur tous les monuments. Voyage alliant nature et histoire. TrĂšs bons souvenirs Michel - OuzbĂ©kistan 1er voyage avec Cercle des Vacances et je reviendrai ! Conseiller sympathique et pro. Aristide H. - DĂ©couvrez aussi
 ArmĂ©nie Bienvenue dans le berceau des premiĂšres civilisations chrĂ©tiennes vĂ©ritable terrain de jeu pour les passionnĂ©s d’Histoire et d’archĂ©ologie, un voyage en ArmĂ©nie est rĂ©ellement l’occasion de voyager Ă  travers les Ă©poques en dĂ©couvrant un hĂ©ritage soigneusement conservĂ©. Voyage en ArmĂ©nie GĂ©orgie À mi-chemin entre l’Europe et l’Asie, nichĂ©e entre les chaĂźnes du Grand et du Petit Caucase, la GĂ©orgie est au carrefour des cultures et des civilisations eurasiennes. Voyage en GĂ©orgie Inscrivez-vous Ă  notre newsletter Nous organisons rĂ©guliĂšrement des Ă©vĂšnements, laissez votre adresse email pour recevoir nos actualitĂ©s.
LaRoute de la soie Dans les forĂȘts du Royaume du Milieu se cache le secret de la soie, le Bombyx Mori, chenille gourmande, ignorante des querelles, conquĂȘtes et massacres qui seront commis pour le prĂ©cieux fil dont est fait son cocon. Cocon prodigieux, dans lequel la chenille s'enroule, effectuant trois cent mille rotations de la tĂȘte. NĂŒwa, dĂ©esse solitaire Ă 
La VallĂ©e De Fergana ©Jokari - - Ancien Palais De Khudayar ©MehmetOZB - De Fergana ©MehmetOZB - Kamchik Qamchiq ©Axel - - Khan's Palace © - Arashan - RĂ©gion De Namangan ©Husniddin - De Fergana ©Giovannibosche - vallĂ©e de Fergana, cƓur vibrant de l'OuzbĂ©kistanConsidĂ©rĂ©e comme le berceau de la civilisation, la vallĂ©e de Fergana est la rĂ©gion la plus peuplĂ©e de l'OuzbĂ©kistan. BordĂ©e par les montagnes, elle est l'un des centres culturels majeurs de l'Asie Centrale et abrite des sites antiques et des monuments moyenĂągeux. La vallĂ©e est une Ă©tape clĂ© sur la route de la soie et arbore de somptueux jardins orientaux. Autrefois berceau de la religion zoroastrienne puis base du puissant empire moghol d'Asie du Sud, elle est aujourd'hui peuplĂ©e de quelques sept millions d'habitants qui profitent de cette vaste plaine alluviale fertile pour vivre de leur activitĂ© vallĂ©e de Fergana abrite un certain nombre de villes d'intĂ©rĂȘt, comme Andijan et ses nombreuses industries, Kokand et sa ferveur religieuse sans faille ou encore Namangan et les ruines de son ancienne citadelle. BaignĂ©e de jardins florissants, elle cumule les intĂ©rĂȘts naturels, culturels et historiques et perpĂ©tue ses traditions ancestrales. Vous y rencontrerez des maĂźtres tisserands, des sculpteurs sur bois, des cĂ©ramistes et autres artisans qui mettent tout en Ɠuvre pour prĂ©server leur mode de vie manquez pas de visiter la vallĂ©e de Fergana au moment de la rĂ©colte du coton, alors que les champs s'animent des centaines de cueilleuses. HabillĂ©es de leurs robes traditionnelles visibles Ă  des centaines de mĂštres, ces derniĂšres offrent un spectacle on ne peut plus authentique. Au rythme des chansons ouzbĂškes traditionnelles, des sacs de coton suspendus au dos, au cou et aux hanches, elles s'affairent Ă  la tĂąche comme le faisaient leurs ancĂȘtres il y a des siĂšcles de ça. Vous aurez mĂȘme l'occasion d'aller visiter les plantations et de rencontrer les cueilleuses qui vous expliqueront leurs mĂ©thodes de travail. Un vrai retour dans le passĂ© dans cette rĂ©gion restĂ©e authentique malgrĂ© le passage du temps et l'essor progressif du tourisme.

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RĂ©sumĂ© Index Plan Texte Notes Citation Auteur RĂ©sumĂ©s L’interconnexion entre les deux pĂŽles extrĂȘmes de l’Eurasie n’est pas une idĂ©e neuve en soi. Ce qui l’est davantage, c’est bien la proposition de la Chine de se projeter en dehors de ses frontiĂšres et de vouloir dĂ©ployer un maillage de rĂ©seaux Ă  la fois Ă©conomiques et sĂ©curitaires trĂšs Ă©tendus. Au point que l’on aurait tort d’opposer le projet du gouvernement chinois des Nouvelles Routes de la soie au projet pro-amĂ©ricain de l’Indopacifique en s’alignant sur une interprĂ©tation bipolaire des relations internationales. Car le projet, tel que l’a dĂ©fini Xi Jinping, est Ă  la fois terrestre et maritime. Il recouvre des acceptions trĂšs diverses, pas forcĂ©ment compatibles avec une certaine vision de l’eurasisme tels que le dĂ©fendent les Russes, les Turcs ou les Kazakhstanais. The interconnection between the two extreme poles of Eurasia is not a new idea per se. What is more original is to understand China's proposal to project beyond its borders in the aim to deploy a very extensive network both in economic and security fields is a worldwide and massive global strategy for the future. So much so that it would be wrong to confront the New Silk Roads » project against the pro-American Indo-Pacific » with a bipolar interpretation of the international relations. Because the project as defined by Xi Jinping concerns land and sea as well. It covers very diverse meanings; the latter are not necessarily compatible with a certain vision of Eurasianism as defended by the Russians, the Turks, or the de page EntrĂ©es d’index Haut de page Texte intĂ©gral 1 Ludovic Jeanne, Comment la Chine a pris le contrĂŽle du marchĂ© aux terres rares ? » The Conversati ... 1La stratĂ©gie chinoise est Ă  entrĂ©es multiples. Capter les ressources du monde, les exploiter et en sĂ©curiser l’acheminement constitue le fondement principal de cette stratĂ©gie. Le monde musulman, et plus particuliĂšrement les pays producteurs de pĂ©trole de l’aire arabo-persane, sont convoitĂ©s comme le sont ceux de l’Asie centrale ou du monde indo-malais en tant que voies de passage. Associer la Chine au monde musulman ne relĂšve pas de la seule hypothĂšse d’école ou du fantasme dans les dĂ©fis politiques Ă  venir pour l’Occident. Cela met le doigt sur une vulnĂ©rabilitĂ© qui, dĂ©jĂ  en son temps, n’avait pas Ă©chappĂ© Ă  Deng Xiaoping. DĂšs les annĂ©es 1980, il dĂ©clarait en effet Au Moyen-Orient il y a le pĂ©trole. En Chine, les terres rares » Zhongdong you shiyou. Zhongguo you xi tu1. Un aphorisme qui n’a pas perdu de son actualitĂ© Ă  l’heure oĂč l’Occident, par mesure autant de prudence que de rĂ©torsion Ă  l’encontre de la Chine, envisage un dĂ©couplage Ă©conomique en retirant les secteurs les plus sensibles de ses activitĂ©s industrielles en dehors du marchĂ© chinois. PremiĂšre puissance exportatrice mondiale, important entre 75 et 85 % de ses approvisionnements Ă©nergĂ©tiques, prĂ©sentant une balance agro-alimentaire dĂ©ficitaire de prĂšs de 34 milliards d’euros, la Chine est aujourd’hui en situation de grande dĂ©pendance extĂ©rieure. Pour autant, le projet des Nouvelles Routes de la soie n’est pas motivĂ© par de seuls objectifs liĂ©s Ă  l’économie internationale. 2Est Ă  l’Ɠuvre Ă  travers les Nouvelles Routes de la soie un projet de sociĂ©tĂ© rendre Ă  la Chine son rang de grande puissance mondiale. En cela, les Nouvelles Routes de la soie constituent un projet d’affirmation de puissance et la volontĂ© pour Xi Jinping que son pays n’ait Ă  subir aucun risque des secousses sociales liĂ©es Ă  des pĂ©nuries alimentaires ou Ă©nergĂ©tiques. Inscrites dans cette ambition politique et gĂ©opolitique, les Nouvelles Routes de la soie constituent autant de voies au service de la sĂ©curitĂ© Ă©conomique du pays. Le choix du Kazakhstan pour la prononciation du discours de lancement de Xi Jinping de cet ambitieux projet, en 2013, n’est pas le fait du hasard. Le Kazakhstan est un voisin de la Chine, l’un des pays les plus dynamiques de l’Asie centrale, musulman de surcroĂźt, et parmi les plus riches, situĂ© aux portes du Xinjiang. Cette immense rĂ©gion constitue l’axe pivot de la stratĂ©gie continentale chinoise. Elle est une rĂ©ponse au dilemme de Malacca et aux risques que pourraient faire peser les États-Unis et leurs alliĂ©s sur la Chine scĂ©nario du pire, mais scĂ©nario probable qui aurait pour consĂ©quence la fermeture du dĂ©troit aux pĂ©troliers chinois en provenance de l’Afrique et du Moyen-Orient. 2 Emmanuel Lincot, Emmanuel Veron, PolynĂ©sie française et OcĂ©anie quelles stratĂ©gies chinoises ? ... 3 Peter Frankopan, Les Nouvelles Routes de la soie. L’émergence d’un nouveau monde, Paris, Champs His ... 3En somme, mĂȘme si la Chine est loin de vouloir abandonner l’option maritime de son projet, elle se trouve contrainte par une vĂ©ritable stratĂ©gie d’endiguement que peaufinent AmĂ©ricains, Indiens, Japonais et Australiens dans l’élaboration d’un projet concurrent aux Nouvelles Routes de la soie l’Indo-Pacifique2. Resurgissent, dans cette configuration nouvelle du great game » grand jeu »3, les thĂ©ories datant du 19e siĂšcle du Heartland » du Britannique Halford John Mackinder, opposĂ©es Ă  celles du Rimland » chĂšres Ă  Alfred Mahan avec, et respectivement, une focale assignĂ©e au centre de l’Eurasie et de la puissance terrestre d’une part, et sa pĂ©riphĂ©rie maritime l’enserrant de l’autre. Jusqu’à Nicolas Spykman, l’un des fondateurs de la gĂ©opolitique aux États-Unis, Mackinder, en tant que gĂ©ographe, a inspirĂ© un trĂšs grand nombre de spĂ©cialistes de l’Eurasie notamment. Quant Ă  Mahan, officier de la marine amĂ©ricaine, fascinĂ© par le destin de la puissance britannique, il est convaincu que le destin politique du monde se joue dans le contrĂŽle des voies maritimes. Liu Huaqing, officier supĂ©rieur chinois de l’ArmĂ©e populaire de libĂ©ration, pĂšre du renouvellement de la flotte militaire chinoise Ă  partir des annĂ©es 1980, se disait proche des thĂšses de ce dernier, dĂ©mystifiant ainsi le prĂ©jugĂ©, encore largement rĂ©pandu en Occident, selon lequel la Chine se serait avant tout construite sous la forme d’une identitĂ© terrienne » face Ă  la thalassocratie amĂ©ricaine. En rĂ©alitĂ©, tant sur le plan thĂ©orique que d’un point de vue de l’observation des faits, la Chine dans ses choix stratĂ©giques est une combinaison des deux. MĂȘme si les axes terrestres semblent plus ouverts aux intĂ©rĂȘts chinois du fait mĂȘme de son association protectrice Ă  la Russie, sous le parapluie nuclĂ©aire de laquelle elle peut notamment s’abriter, ses intĂ©rĂȘts ne sont pas moins menacĂ©s, comme nous l’avons vu, par des problĂšmes de sĂ©curitĂ© et, entre tous, la menace djihadiste. C’est en particulier la dĂ©gradation des conditions de sĂ©curitĂ© en Afghanistan qui fait courir un risque de dĂ©stabilisation dans des pays oĂč les inĂ©galitĂ©s gĂ©nĂšrent des frustrations au sein d’une population trĂšs jeune et en grande partie sans emploi, une situation constituant un terreau favorable Ă  la propagation de l’islam radical. En outre, l’Afghanistan est sur le tracĂ© des routes terrestres qui donnent Ă  ces États enclavĂ©s un dĂ©bouchĂ© sur l’ocĂ©an Indien via le Pakistan, sur l’Inde et le Golfe Arabo-Persique via l’Iran. 4PorositĂ© des frontiĂšres, risque d’infiltration des groupes terroristes et criminalitĂ© liĂ©e au trafic de drogue semblent vouloir ĂȘtre contrĂ©s par la rĂ©alisation de projets structurants dans le domaine des transports et de l’énergie, dont la rĂ©alisation se heurte toutefois Ă  une situation sĂ©curitaire dĂ©gradĂ©e dans cette rĂ©gion de l’Asie centrale. Parmi les projets les plus connus 51- Le gazoduc TAPI TurkmĂ©nistan-Afghanistan-Pakistan-Inde cet axe de 1 735 km de long prĂ©voit d’acheminer 33 milliards de m3 de gaz vers l’Inde. Il n’a Ă©tĂ© Ă  ce jour que partiellement rĂ©alisĂ©. 62- CASA 1000 lancĂ© en mai 2016, ce projet de lignes Ă  haute tension reliant l’Asie centrale Ă  l’Asie du Sud bĂ©nĂ©ficie d’un financement de la Banque mondiale Ă  hauteur de 500 millions de dollars. Il prĂ©voit d’accroĂźtre l’exportation des surplus estivaux d’électricitĂ© hydraulique tadjike et kirghize vers l’Afghanistan et le Pakistan. Il a Ă©tĂ© inaugurĂ© par le prĂ©sident afghan, Ashraf Ghani, en fĂ©vrier 2020. 73- Le corridor de transport Lapis Lazuli » portĂ© depuis 2014, ce projet de route et de voie ferrĂ©e doit relier l’Afghanistan Ă  la Turquie en passant par le TurkmĂ©nistan, l’AzerbaĂŻdjan et la GĂ©orgie. 4 Jean-Sylvestre Mongrenier, Le Monde vu de Moscou. GĂ©opolitique de la Russie et de l’Eurasie post-so ... 8En d’autres mots, et mĂȘme si la Chine ambitionne d’inclure l’Afghanistan dans son projet des Nouvelles Routes de la soie soit en l’incluant dans le corridor Ă©conomique Chine-Pakistan, soit en le connectant aux projets envisagĂ©s en Asie centrale, elle n’est pas le seul acteur Ă  investir ou Ă  s’intĂ©resser Ă  la rĂ©gion. L’Union Ă©conomique eurasiatique UEE russe et le Project Mausam » indien créés la mĂȘme annĂ©e, en 2014 dĂ©montrent Ă©galement leur intĂ©rĂȘt pour une rĂ©gion ciblĂ©e par les Nouvelles Routes de la soie. L’UEE russe est parfois associĂ©e Ă  une vague de renaissance du Council for Mutual Economic Assistance COMECON, Conseil d’assistance Ă©conomique mutuelle ou CAEM en français soviĂ©tique. La vĂ©ritable difficultĂ© des Russes est de ne pas avoir les moyens financiers dont disposent les Chinois. Économie de rente, la Russie risque Ă  terme d’ĂȘtre dangereusement exposĂ©e Ă  une asymĂ©trie dans ses rapports avec la Chine et donc de ne pas pouvoir rĂ©sister bien longtemps, malgrĂ© l’immensitĂ© des ressources que recĂšle son territoire, aux ambitions Ă©conomiques et Ă©nergĂ©tiques de la Chine, depuis l’ExtrĂȘme-Orient russe vers les sud-ouest et nord-ouest du pays4. En revanche, l’Inde peut ĂȘtre Ă  plus long terme considĂ©rĂ©e comme un vĂ©ritable challenger » par la Chine. Sa croissance est d’ores et dĂ©jĂ  supĂ©rieure Ă  celle de la Chine. 9MĂȘme si d’énormes difficultĂ©s subsistent, et tout particuliĂšrement dans tout ce qui a trait au dĂ©veloppement humain Ă©ducation, santĂ©, accĂšs Ă  l’eau potable
, l’Inde essaie de crĂ©er une alternative au projet chinois en donnant une prioritĂ© aux axes maritimes reliant l’Afrique au Pacifique. L’Inde est gĂ©ographiquement au centre de ces Ă©changes. Signe des temps l’expression Indo-Pacifique » est de plus en plus employĂ©e pour dĂ©signer un espace oĂč l’Inde prĂ©tend avoir une lĂ©gitimitĂ© historique, et pas seulement Ă  travers le projet Mausam » Ă©galement sur des projets ferroviaires transversaux auxquels elle peut contribuer BCIM [Bangladesh-China-India-Myanmar], INSTC [International North-South Transport Corridor]
. Une stratĂ©gie de revers s’esquisse avec la crĂ©ation d’une base indienne aux Seychelles, mais aussi dans un rapprochement initiĂ© par New Delhi avec le sultanat d’Oman et les monarchies du Golfe Ă  l’ouest, ainsi qu’avec Singapour et le Vietnam Ă  l’est. Qu’est-ce Ă  dire ? Nous entrons dans une Ăšre oĂč chaque État entend sanctuariser au-delĂ  mĂȘme de ses propres frontiĂšres un certain nombre d’intĂ©rĂȘts. Et le moins que l’on puisse dire est que ces intĂ©rĂȘts ne sont pas convergents. 10Cette stratĂ©gie de revers signifiera sans doute que l’Inde et ses alliĂ©s États-Unis, Japon, Australie
 devront fortement s’employer, technologiquement et financiĂšrement, Ă  dĂ©velopper une vision Ă  trĂšs long terme pour espĂ©rer pouvoir contrecarrer les projets chinois des Nouvelles Routes de la soie dans et auprĂšs des pays situĂ©s sur le pourtour de l’ocĂ©an Indien que jouxtent aussi la mer d’Arabie et le golfe du Bengale, qui ont ainsi dĂ©jĂ  pris plus d’une longueur d’avance, donnant ainsi au vocable Initiative » de Belt and Road » une signification lourde de consĂ©quences Ă  prĂ©voir. À l’évidence, la Chine a en effet dĂ©jĂ  largement anticipĂ© cette stratĂ©gie de revers, puisqu’on peut a priori dĂ©nombrer plus d’une centaine de projets engageant ses propres investissements. 5 Graham Allison, Vers la guerre, la Chine et l’AmĂ©rique dans le piĂšge de Thucydide ?, Paris, Odile J ... 11Ces investissements relĂšvent d’un pari risquĂ©. L’asservissement des pays par la dette, les problĂšmes sĂ©curitaires, la confrontation avec les États-Unis nous renvoient Ă  une seule et mĂȘme question le rĂ©gime communiste chinois rĂ©sisterait-il Ă  cet Ă©chec ? Au contraire, si ce projet rĂ©ussit, l’ordre mondial tel que l’avaient dĂ©fini d’abord les EuropĂ©ens, puis les AmĂ©ricains, en serait dĂ©finitivement changĂ©. La tentation pour Washington et ses alliĂ©s est de rĂ©pondre par la force Ă  la menace qui se profile, ce que Graham Allison a appelĂ© le piĂšge de Thucydide », en rĂ©fĂ©rence aux guerres du PĂ©loponnĂšse opposant dans un duel mortel les citĂ©s d’AthĂšnes et de Sparte, et que dĂ©crit comme tel l’historien grec5. Car c’est en cela que rĂ©side le dĂ©fi chinois Ă©tablir un nouvel ordre mondial sans renoncer Ă  cette compatibilitĂ© assumĂ©e depuis plus de quarante ans par PĂ©kin entre une rĂ©silience autoritaire et un dĂ©veloppement Ă©conomique que la plupart des pays du Sud lui envient. Car ce rĂ©gime peut non seulement mettre Ă  son actif le fait que la majoritĂ© de la population chinoise soit sortie de la misĂšre, mais aussi qu’il ait permis l’éducation pour le plus grand nombre et lui ait redonnĂ© de la dignitĂ© alors qu’elle Ă©tait en souffrance. La sociĂ©tĂ© chinoise est par ailleurs en paix et a tournĂ© le dos Ă  l’esprit dĂ©mocratique inspirĂ© naguĂšre par les manifestants de Tiananmen 1989. Travail, famille, patrie » pourraient ĂȘtre les valeurs cardinales du contrat social liant aujourd’hui l’élite dirigeante Ă  une opinion Ă  prĂ©sent dĂ©complexĂ©e vis-Ă -vis de l’Occident et du reste du monde. Le projet des Nouvelles Routes de la soie rĂ©pond par ailleurs Ă  de rĂ©els besoins le manque d’infrastructures en Asie comme au Moyen-Orient et au Proche-Orient. 6 Thierry Kellner, Les Nouvelles Routes de la soie projet sino-centrĂ© ou projet d’hĂ©gĂ©monie entr ... 12À sa maniĂšre, la Chine offre donc une rĂ©ponse Ă  un besoin rĂ©el. Il est mĂȘme envisageable que le projet des Nouvelles Routes de la soie aboutisse Ă  la crĂ©ation de publics goods, des biens publics qui profitent Ă  tous. Ce serait Ă©videmment trĂšs positif, tant pour l’ensemble des pays concernĂ©s que pour l’image de la Chine6, Ă  condition que tous finissent par y souscrire. Et de ce point de vue, tant sur le plan idĂ©ologique que politique, l’asymĂ©trie des perceptions se conjugue Ă  une dĂ©fiance rĂ©elle. Esquisses d’une rĂ©ponse russe Ă  l’hĂ©gĂ©monie chinoise 7 David Cumin, GĂ©opolitique de l’Eurasie, avant et depuis 1991, Paris, L’Harmattan, 2020. 8 David Cumin, L’Eurasie en question entretien avec Emmanuel Lincot », Asia Focus-IRIS, n° 144, j ... 13Face aux enjeux que reprĂ©sentent pour la Russie un refroidissement, sans doute durable, de ses relations avec les pays occidentaux et la montĂ©e en puissance de la Chine, l’idĂ©e de grande Eurasie » promue par le prĂ©sident Poutine, qui succĂšde Ă  d’autres initiatives peu concluantes dans ce domaine, peine Ă  dissimuler la rĂ©alitĂ© d’une relation de plus en plus dĂ©sĂ©quilibrĂ©e entre Moscou et PĂ©kin. Le courant de pensĂ©e eurasiatique a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© dans les annĂ©es 1920 en Europe occidentale par des intellectuels russes brillants ayant fui le rĂ©gime soviĂ©tique TroubetskoĂŻ, Vernadski, Savitski, etc., Ă  la recherche d’une troisiĂšme voie » entre le bolchĂ©visme et le libĂ©ralisme occidental, qui emprunte moins Ă  l’Europe qu’à l’Asie. Ce mouvement, qui a comportĂ© diverses chapelles, a connu une renaissance depuis la fin de l’ùre soviĂ©tique, symbolisĂ©e par la figure de NikolaĂŻ Goumilev et plus rĂ©cemment par la personne trĂšs contestĂ©e d’Alexandre Douguine que l’on dit proche de Vladimir Poutine et qui porte haut les valeurs traditionalistes et religieuses opposĂ©es Ă  un Occident sĂ©cularisĂ©, dont la pensĂ©e est cependant plus Ă©clectique et auquel certains prĂȘtent une proximitĂ© avec le pouvoir actuel7. La signification du terme eurasisme », de mĂȘme que son champ gĂ©ographique, a toujours Ă©tĂ© diversement interprĂ©tĂ©e. L’idĂ©ologie eurasiatique a peu Ă  voir avec l’eurasisme politique tel que le dĂ©veloppe le prĂ©sident russe, mĂȘme si la prĂ©servation ou la restauration de l’unitĂ© panrusse de l’Eurasie a pour but de consolider la FĂ©dĂ©ration de Russie et d’affermir sa puissance dans le monde8. 14Elle vise par lĂ -mĂȘme Ă  la prĂ©munir d’une dĂ©sagrĂ©gation toujours possible dans cette capacitĂ© Ă  gĂ©nĂ©rer des tendances centrifuges et dangereuses au maintien de son unitĂ©. Pour faire piĂšce Ă  l’Occident, la Russie noue des partenariats avec la Chine populaire, l’Inde et l’Iran, voire la Turquie d’Erdogan. Elle soutient le rĂ©gime syrien. Elle reprend pied en Afrique, au nord comme au sud du Sahara, y compris dans l’Afrique sahĂ©lienne francophone. Dans ce contexte, et aprĂšs ĂȘtre passĂ©e successivement de la subordination Ă  l’URSS Ă  la rivalitĂ© pour le leadership au sein du systĂšme communiste mondial » 1956-1971, puis Ă  la rupture avec Moscou, accusĂ©e de rĂ©visionnisme », c’est-Ă -dire d’accommodement avec l’impĂ©rialisme », la Russie s’appuie sur la Chine, qu’elle approvisionne en minerais, hydrocarbures et armements. Question frontaliĂšre rĂ©glĂ©e, toutes deux partagent les mĂȘmes positions en politique internationale et en droit international les cinq principes » dans le monde le souverainisme comme standard ; la coopĂ©ration, ou le condominium, en Asie centrale ex-soviĂ©tique ; la recherche de l’hĂ©gĂ©monie rĂ©gionale, en Eurasie pour l’une, en ExtrĂȘme-Orient pour l’autre, face au dĂ©ploiement transatlantique et transpacifique amĂ©ricain ; la percĂ©e en Afrique noire, Ă©conomique et massive dans le cas chinois, militaire et modĂ©rĂ©e dans le cas russe. 15Tenue en lisiĂšre par ses partenaires occidentaux, la Russie ambitionne dĂ©sormais de se positionner comme un pĂŽle indĂ©pendant, non plus relĂ©guĂ© Ă  la pĂ©riphĂ©rie du continent europĂ©en, mais au contraire occupant le centre de l’Eurasie, entre les deux grands ensembles rĂ©gionaux que sont l’UE et la Chine. Il s’agit aussi pour la Russie d’éviter le dilemme traditionnel d’avoir Ă  choisir entre l’Occident et l’Orient, alors que Moscou dresse un constat d’échec de ses tentatives pour s’arrimer au continent europĂ©en qui dessine les contours d’une grande Eurasie » composĂ©e de cercles concentriques. À partir d’un noyau Russie, Chine, Asie centrale, Mongolie, le projet de grande Eurasie » avait vocation Ă  associer des pays proches Turquie, Inde, Pakistan
 et plus lointains Europe, Asie du Sud, Moyen-Orient. L’initiative du prĂ©sident Poutine a Ă©galement pour but de faire piĂšce aux Nouvelles Routes de la soie. Accueilli Ă  l’origine par Moscou avec rĂ©ticence, ce projet n’a pas suscitĂ© de rĂ©action officielle pendant plus d’un an, avant qu’un groupe d’experts, prĂ©sidĂ© par Sergey Karaganov et Timophey Bordatchev, chercheurs Ă  la Higher School of Economics HSE de Moscou et proches du pouvoir, recommande une attitude positive Ă  l’égard d’un programme qui devrait mobiliser sur une longue pĂ©riode des moyens financiers considĂ©rables et concerner des dizaines de pays, notamment ceux du voisinage de la Russie. Une dĂ©claration a Ă©tĂ© signĂ©e le 8 mai 2015 entre les prĂ©sidents Poutine et Xi, instituant une coopĂ©ration sur les projets dĂ©veloppĂ©s par l’Union Ă©conomique eurasiatique et dans le cadre de la Belt and Road Initiative » autre nom du projet Nouvelles Routes de la soie qui, Ă  terme, devrait dĂ©boucher sur une zone de libre-Ă©change. 16La prĂ©sence chinoise est de plus en plus patente en Asie centrale, mais aussi en Europe le dialogue 16+1 » met face Ă  face la Chine et tous les pays d’Europe centrale et balkanique qui appartenaient jadis au camp socialiste » et la Russie ne semble pas objecter Ă  cette influence croissante qui, du point de vue de Moscou il est vrai, ne prĂ©sente pas les mĂȘmes inconvĂ©nients que celle des Occidentaux insistance sur l’État de droit.... Avec ce nouveau projet, il s’agit pour la Russie de reprendre l’initiative, de dĂ©montrer qu’elle reste un acteur incontournable et de justifier l’aval Ă  une prĂ©sence Ă©conomique chinoise massive dans cette chasse gardĂ©e qu’étaient autrefois les RĂ©publiques d’Asie centrale, en instituant une sorte de condominium russo-chinois, Moscou souhaitant conserver ses prĂ©rogatives de garant de la sĂ©curitĂ©. Le projet russe vise aussi Ă  peser sur les choix d’investissements qui seront opĂ©rĂ©s dans le cadre du projet Belt and Road Initiative BRI, de s’assurer en particulier que les rĂ©seaux de transport terrestre ne contournent pas le territoire russe un des tracĂ©s ferroviaires traverse la Russie et la BiĂ©lorussie, les Chinois voulant quant Ă  eux garder ouvertes diffĂ©rentes options. Un des seuls projets communs importants agréés jusqu’à prĂ©sent – la ligne Ă  grande vitesse Moscou-Kazan – a pris du retard en raison d’un dĂ©saccord sur son cofinancement. Les considĂ©rations politiques et stratĂ©giques ne sont pas non plus absentes de l’initiative de Vladimir Poutine, la Russie comme la Chine Ă©tant intĂ©ressĂ©es Ă  la stabilitĂ© de la rĂ©gion et Ă  une rĂ©duction de la prĂ©sence militaire des États-Unis. Dans le projet tel qu’il a Ă©tĂ© exposĂ©, l’UE n’occupe qu’une place marginale et n’aurait a priori guĂšre de choix si ce n’est de se plier au cadre dĂ©fini, l’objectif de Moscou Ă©tant toujours de distendre le lien transatlantique. 17La vision russe de l’Eurasie et de la coopĂ©ration entre les structures rĂ©gionales, contrĂŽlĂ©es par les deux pays, se distingue sensiblement des conceptions chinoises. Le projet des Nouvelles Routes de la soie met en Ɠuvre une dĂ©marche bilatĂ©rale, il est financĂ© sur fonds chinois et bĂ©nĂ©ficie de ressources financiĂšres considĂ©rables dont la Russie ne dispose pas, mĂȘme si une banque multilatĂ©rale AIIB a Ă©tĂ© créée. Il est peu institutionnalisĂ©, ce qui lui confĂšre une grande souplesse et laisse aux autoritĂ©s chinoises une grande latitude pour sĂ©lectionner les projets. Il mise aussi sur les avantages du libre-Ă©change. Dernier avatar de plusieurs projets d’intĂ©gration rĂ©gionale promus par la Russie qui ont tournĂ© court, l’Union Ă©conomique eurasiatique UEE, entrĂ©e en vigueur le 1er janvier 2015, a une ampleur nettement plus rĂ©duite 5 pays membres. Elle a pour mandat de rĂ©guler l’activitĂ© Ă©conomique de cette zone, d’éliminer les barriĂšres douaniĂšres et non tarifaires en empruntant certains Ă©lĂ©ments Ă  la construction europĂ©enne commission supranationale
. La Russie est tentĂ©e de profiter de sa position dominante ainsi, la dĂ©claration commune UEE-BRI de 2015 ne semble pas avoir fait l’objet d’une concertation prĂ©alable avec les autres membres de l’Union douaniĂšre, de mĂȘme pour les contre-sanctions agricoles mises en Ɠuvre par Moscou Ă  l’encontre de l’UE, comportement unilatĂ©ral qui ne pourra qu’inciter ces États Ă  traiter directement avec la Chine. À ce stade, les rĂ©sultats de cette nouvelle union sont peu probants le commerce intra-UEE est dĂ©ficitaire, marquĂ© par le poids prĂ©pondĂ©rant d’une Ă©conomie russe 90 % du PIB de cette Union qui peine Ă  renouer avec la croissance et aussi par les contentieux, frontaliers par exemple, existant entre pays membres cf. les tensions actuelles entre le Kazakhstan et le Kirghizistan. L’emploi en Russie de nombreux travailleurs originaires d’Asie centrale, main-d’Ɠuvre bon marchĂ© et flexible, rĂ©duit l’intĂ©rĂȘt de la dĂ©localisation d’activitĂ©s intensives en travail. Les projets d’intĂ©gration Ă©nergie, monnaie sont repoussĂ©s. L’objectif convenu de la mise en place, Ă  terme, d’une zone de libre-Ă©change ne suscite guĂšre d’enthousiasme Ă  Moscou, l’UEE ayant une visĂ©e protectionniste inavouĂ©e Ă  l’égard de la Chine. 18En adoptant une conception trĂšs large de la grande Eurasie » et en ouvrant notamment le projet aux États et institutions asiatiques Inde, CorĂ©e, ASEAN, etc., la Russie tente d’équilibrer le poids croissant de la Chine. Mais cette orientation est aussi de nature Ă  rĂ©duire l’efficacitĂ© des structures créées et Ă  freiner la coopĂ©ration. On le voit par exemple avec l’Organisation de coopĂ©ration de Shanghai OCS, dont font dĂ©sormais partie l’Inde et le Pakistan, qui entretiennent des rapports difficiles. Les livraisons d’armes russes Ă  l’Inde et au Vietnam peuvent aussi gĂ©nĂ©rer des tensions avec PĂ©kin. Bien davantage encore qu’un choix politique, cette posture affichĂ©e par Moscou nous ramĂšne Ă  l’expression judicieuse popularisĂ©e par Sokoloff la Russie est une grande puissance pauvre » et largement autarcique. Elle ne participe au commerce mondial que pour vendre des matiĂšres premiĂšres et des hydrocarbures, ou bien des armements et des technologies stratĂ©giques. La rente miniĂšre est dans tous les cas fondamentale, soit une dĂ©pendance Ă  l’égard du cours des produits de base, ce dernier dĂ©terminĂ© Ă  la fois par le niveau de la demande et l’état de la concurrence du cĂŽtĂ© de l’offre. Sa vulnĂ©rabilitĂ© aux fluctuations du brut n’est pas moins grande que celle exposant les pays producteurs du Moyen-Orient. Cette vulnĂ©rabilitĂ© n’est d’ailleurs pas Ă©trangĂšre au fait que Moscou et Ryad aient nouĂ© une alliance Ă©nergĂ©tique en 2016, avec ses prolongements au sein de l’OPEP. AppelĂ©e OPEP+ », cette alliance russo-saoudienne vise Ă  limiter leur production respective afin de faire remonter les cours. Cette proximitĂ© de vues – sinon d’intĂ©rĂȘts – entre Moscou et l’un des pays clĂ©s de la rĂ©gion nous renvoie par ailleurs au fait que la Russie est aussi membre observateur de l’Organisation de la coopĂ©ration islamique OCI. Pas la Chine. 19Arguant de l’ancienne prĂ©sence de populations musulmanes en Russie – 16 millions de musulmans selon le recensement de 2002 parmi lesquels des Tatars et des Bachkirs de l’espace Volga-Oural ; des peuples indigĂšnes du Caucase du Nord ; des communautĂ©s musulmanes Ă©parpillĂ©es sur la totalitĂ© du territoire russe, originaires d’Asie centrale, du Caucase du Nord et d’AzerbaĂŻdjan –, Moscou a demandĂ© Ă  participer aux travaux de l’OCI. Vladimir Poutine est le premier chef d’État d’un pays non musulman Ă  participer Ă  un sommet de l’OCI 2003 et la Russie a Ă©tĂ© depuis admise comme pays observateur, en 2005, avec le soutien de l’Iran, de l’Égypte et de l’Arabie Saoudite. C’est que, mĂȘme avec un noyau prĂ©pondĂ©rant russe, la FĂ©dĂ©ration de Russie est fondamentalement pluriethnique et multiconfessionnelle, et l’islam y est considĂ©rĂ© comme l’une de ses religions traditionnelles. Il s’agit lĂ  sans doute de l’une des diffĂ©rences les plus sensibles entre la FĂ©dĂ©ration de Russie et la RĂ©publique populaire de Chine, oĂč la majoritĂ© du pays est Han, sauf dans les provinces occidentales Tibet, Xinjiang, Mongolie intĂ©rieure par ailleurs soumises Ă  un fort degrĂ© de sinisation. Si l’islam sunnite n’est pas reprĂ©sentĂ© par une institution centrale en FĂ©dĂ©ration de Russie, il existe en revanche un Conseil russe des muftis qui permet Ă  l’État d’exercer une forme de contrĂŽle. Elle s’exerce en particulier sur les milieux conservateurs » et les formes non traditionnelles » de l’islam. Salafistes, obĂ©diences proches d’Al-QaĂŻda, wahhabites et mouvements tels que les FrĂšres musulmans ou le Hizb ut-Tahrir parti islamiste, trĂšs actif en Asie centrale sont proscrits. 9 JĂ©rĂŽme Doyon, NĂ©gocier la place de l’islam chinois les associations islamiques de Nankin Ă  l’ùre ... 10 Emmanuel Lincot et Isabelle Thireau, L’État, la ville et ses citoyens en Chine », Monde chinois, ... 20En Chine, le Parti-État exerce Ă©galement un contrĂŽle sur les associations islamiques. Alors que des interactions entre autoritĂ©s et communautĂ©s religieuses permettaient, il y a encore quelques annĂ©es, de maintenir une relative autonomie en matiĂšre d’organisation sociale ou d’initiatives culturelles9 et plus gĂ©nĂ©ralement pour toutes celles Ă©manant de la sociĂ©tĂ© civile10, le raidissement du Parti depuis le renforcement du pouvoir autour de Xi Jinping associe dĂ©sormais, et chaque annĂ©e davantage, l’islam Ă  un danger venu de l’étranger. Les Ă©quilibres rĂ©gionaux au dĂ©fi de l’eurasisme 11 Bingsong He, La vision chinoise du terrorisme », SĂ©curitĂ© globale, 2009/4, n° 10, p. 121-130, . 2 Emmanuel Lincot, Emmanuel Veron, PolynĂ©sie française et OcĂ©anie quelles stratĂ©gies chinoises ? » The Conversation, juin-juillet 2020 . 3 Peter Frankopan, Les Nouvelles Routes de la soie. L’émergence d’un nouveau monde, Paris, Champs Histoire, 2020. 4 Jean-Sylvestre Mongrenier, Le Monde vu de Moscou. GĂ©opolitique de la Russie et de l’Eurasie post-soviĂ©tiques, Paris, PUF, 2020. 5 Graham Allison, Vers la guerre, la Chine et l’AmĂ©rique dans le piĂšge de Thucydide ?, Paris, Odile Jacob, 2019. 6 Thierry Kellner, Les Nouvelles Routes de la soie projet sino-centrĂ© ou projet d’hĂ©gĂ©monie entretien avec Dealan Riga », Asia Focus-IRIS, n° 121, septembre 2019 . 7 David Cumin, GĂ©opolitique de l’Eurasie, avant et depuis 1991, Paris, L’Harmattan, 2020. 8 David Cumin, L’Eurasie en question entretien avec Emmanuel Lincot », Asia Focus-IRIS, n° 144, juillet-aoĂ»t 2020 . 9 JĂ©rĂŽme Doyon, NĂ©gocier la place de l’islam chinois les associations islamiques de Nankin Ă  l’ùre des rĂ©formes, Paris, L’Harmattan, 2015. 10 Emmanuel Lincot et Isabelle Thireau, L’État, la ville et ses citoyens en Chine », Monde chinois, n° 22, 2010, p. 130-135 ; Emmanuel Lincot et Monique Selim, Entre sociĂ©tĂ© civile globale et domination politique locale, quels nouveaux agencements collectifs en Chine ? », Monde chinois-Nouvelle Asie, n° 41, avril-mai 2015, p. 31-39. 11 Bingsong He, La vision chinoise du terrorisme », SĂ©curitĂ© globale, 2009/4, n° 10, p. 121-130, . 12 InĂšs Cavalli, La Question ouĂŻghoure en RĂ©publique populaire de Chine. Enjeux gĂ©opolitiques locaux et rĂ©gionaux, ENS & IEP Lyon, Master Études europĂ©ennes et internationales, parcours Asie orientale et contemporaine, annĂ©e acadĂ©mique 2017-2018, p. 79. 13 MarlĂšne Laruelle, SĂ©bastien Peyrouse, Globalizing Central Asia. Geopolitics and the challenges of economic development, London, Routledge, 2013. 14 Gilles Kepel, Le ProphĂšte et la pandĂ©mie. Du Moyen-Orient au jihadisme d’atmosphĂšre, Paris, Gallimard, 2021. 15 MarlĂšne Laruelle, L’IdĂ©ologie eurasiste russe ou comment penser l’empire, Paris, L’Harmattan, 1999. 16 Jean-Sylvestre Mongrenier, Kazakhstan », dans Le Monde vu de Moscou. GĂ©opolitique de la Russie et de l’Eurasie post-soviĂ©tiques, Paris, PUF, 2020, p. 227. 17 Hans-GĂŒnther Hermann, Aspects thĂ©oriques de l’historiographie chinoise des annĂ©es 1980 », Études chinoises, 1991, p. 161-196 . 18 L’exercice de la censure par les autoritĂ©s chinoises au sujet d’une exposition consacrĂ©e Ă  Gengis Khan et aux Mongols, prĂ©vue au musĂ©e d’Histoire de Nantes, en 2020, a conduit son directeur, Bertrand Guillet, et d’une maniĂšre significative, Ă  annuler l’évĂ©nement. 19 Dilnur Polat, RĂ©mi Castets et Emmanuel Lincot, Enjeux sociopolitiques de l’islam en pays ouĂŻghour », Monde Chinois-Nouvelle Asie, n° 35, novembre-dĂ©cembre 2013, p. 97-111 ; Vanessa Frangville et Jean-Yves Heurtebise dir., Crise ouĂŻghoure. Transformation et reconstruction des identitĂ©s », Monde chinois-Nouvelle Asie, n° 63, 2020. 20 Magnus Fiskejö, Le Xinjiang chinois, “nouvelle frontiĂšre” de l’épuration nationale », dans Anne Cheng dir., Penser en Chine, Paris, 2021, p. de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence papier Emmanuel Lincot, Ambitions et limites du grand projet chinois des Nouvelles Routes de la soie », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 151 2022, 115-129. RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Emmanuel Lincot, Ambitions et limites du grand projet chinois des Nouvelles Routes de la soie », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique [En ligne], 151 2022, mis en ligne le 01 fĂ©vrier 2022, consultĂ© le 19 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page
Voyagesur mesure en OuzbĂ©kistan de 14 jours avec l’agence locale de Nuriddin. L’OuzbĂ©kistan, le cƓur de la route de la Soie, vous accueille les bras ouverts. Ce voyage changera vos avis sur l’Asie Centrale. Vous percevrez ici le croisement de toutes les civilisations, un vĂ©ritable brassage multiculturel : Perse, grecque, arabe Terres Lointaines Nos voyages en OuzbĂ©kistan Accueil / OuzbĂ©kistan L’OuzbĂ©kistan, au carrefour des routes de la Soie Imposantes mosquĂ©es, dĂŽmes et minarets aux mosaĂŻques bleu turquoise, mĂ©dersas, tchaĂŻkanas maisons de thĂ© traditionnelles, steppes immenses 
 voilĂ  seulement un Ă©chantillon des richesses qui vous attendent si vous voyagez en OuzbĂ©kistan. Au cƓur de l’Asie centrale, berceau d’une culture ancienne de plus de deux millĂ©naires, c’est la destination insolite et hors des sentiers battus par excellence. Les villes y sont restĂ©es authentiques, comme les habitants, qui vous offriront naturellement une hospitalitĂ© remarquable. D’Alexandre le Grand Ă  Staline, de Gengis Khan Ă  Tamerlan, le pays a Ă©tĂ© marquĂ© par une histoire forte, encore prĂ©sente aujourd’hui. Visitez un caravansĂ©rail, vestige de la tradition marchande ouzbĂške, perdez-vous dans les bazars Ă  la recherche de soieries chatoyantes ou de cĂ©ramiques colorĂ©es, et goĂ»tez au dĂ©paysement le plus total ! L’OuzbĂ©kistan est un pays magique, et vous en reviendrez Ă©blouis ! PrĂ©parer son voyage en OuzbĂ©kistan Il y a environ 7h de vol entre Paris et Tachkent, et le dĂ©calage horaire est de 3 heures. Les formalitĂ©s pour partir en OuzbĂ©kistan sont simples il suffit d’avoir un passeport valide trois mois aprĂšs la fin du sĂ©jour. Vous devez Ă©galement avoir vos vaccins habituels Ă  jour. Nous conseillons de prĂ©voir un sĂ©jour de 12 jours minimum, et bien plus si vous dĂ©cidez de prolonger votre circuit jusqu’à Noukous ou dans la vallĂ©e de Ferghana. Avant de partir, vous pouvez lire Le Grand Raid Brest Samarcande de Lallouet et Vincenti, Samarcande d’Amin Maalouf, ou les Contes du Chemin de Fer d’Hamid IsmaĂŻlov. CĂŽtĂ© cinĂ©ma, regardez Luna Papa, tragicomĂ©die qui donne sur un ton burlesque une image de l’Asie centrale. Que faire en OuzbĂ©kistan ? L’OuzbĂ©kistan est un mariage magique entre steppes dĂ©sertiques et villes emplies de richesses culturelles et de trĂ©sors. Visitez Samarcande, Boukhara, Khiva ; ces villes inscrites au Patrimoine Mondial de l’Unesco, symbolisent toute la magie de l’Orient. Admirez le bleu des mosaĂŻques de la mosquĂ©e Bibi Khanum Ă  Samarcande. FlĂąnez au cƓur de la vieille ville de Boukhara, une oasis posĂ©e au milieu du dĂ©sert. A Khiva, grimpez au sommet du minaret de la mosquĂ©e Islam Hoja pour admirer le coucher du soleil sur le haut des coupoles. Un moment féérique. A Tachkent la capitale, perdez-vous dans le marchĂ© de Chorsu Bazaar, qui grouille d’échoppes colorĂ©es aux parfums d’épices enivrants. Dans la vallĂ©e de Ferghana, berceau de la culture ouzbĂšque, vous dĂ©couvrirez les champs de coton et les robes aux couleurs chatoyantes des cueilleuses. Et pour vivre le meilleur de votre voyage en OuzbĂ©kistan, passez une nuit chez l’habitant, qui vous apprendra Ă  cuisiner le fameux plov, le plat national, ou le naan, galette de pain traditionnelle. Quand partir en OuzbĂ©kistan ? Le pays prĂ©sente un climat trĂšs contrastĂ©, il faut donc bien choisir la pĂ©riode pour prĂ©voir son voyage. Le thermomĂštre peut descendre en dessous de 0°C en hiver, et atteindre 50°C dans certaines rĂ©gions en Ă©tĂ©. Le meilleur moment pour partir en OuzbĂ©kistan est donc la mi-saison, d’avril Ă  mai ou de septembre Ă  octobre, quand les tempĂ©ratures sont agrĂ©ables, entre 20 et 30°C. PrĂ©voyez tout de mĂȘme une tenue pour les matinĂ©es plus fraĂźches dans certaines rĂ©gions, comme Ă  Samarcande par exemple. Si vous en avez l’opportunitĂ©, planifiez votre voyage sur-mesure en OuzbĂ©kistan fin mars, pour vivre l’un, si ce n’est le plus grand Ă©vĂ©nement du pays. Le Navro’z est l’occasion de fĂȘter la fin de l’hiver, et de dĂ©guster les dĂ©licieux khalim mĂ©lange de viande et de cĂ©rĂ©ales et soumalak dessert prĂ©parĂ© Ă  base de graines de blĂ©, de farine et de sucre. janv. fĂ©vr. mars avril mai juin juil. aoĂ»t sept. oct. nov. dĂ©c. L'OuzbĂ©kistan selon vos envies Nos conseillers spĂ©cialistes OuzbĂ©kistan Terres Lointaines, c'est... ExpĂ©rience Plus de 40 000 voyageurs depuis prĂšs de 10 ans QualitĂ© Des prestations d’exception au meilleur prix AuthenticitĂ© Une expĂ©rience unique, Ă  votre image Assistance L’assurance de nous joindre pendant votre voyage 7j/7 Nos bureaux Paris 01 75 60 63 50 21 boulevard des Batignolles 75008 Paris Sur rendez-vous uniquement Je demande un devis Nos conseillers Elodie Manon Amandine ClĂ©mence Nos conseillers Maud MĂ©lanie Nos conseillers Nos conseillers Florence StĂ©phanie Solene Nos conseillers Pauline Coralie Nos conseillers AurĂ©lie Audrey Nos conseillers Nolwenn Inscrivez-vous Ă  notre newsletter et recevez nos derniĂšres idĂ©es de voyages Votre inscription n’a pas rĂ©ussi. Merci de rĂ©essayer. Placeholder inscription rĂ©ussie.
Berceaudu thĂ© ainsi que terre de minoritĂ©s ethniques, la province ajoute ses sommets enneigĂ©s aux plaines fluviales en passant par les cultures en terrasses et les forĂȘts luxuriantes. 13. Les plus anciennes plantations de thĂ© sont situĂ©es au Yunann Le Yunann est une province montagneuse creusĂ©e de profondes vallĂ©es a une taille de plus 13 fois la Belgique
Le Monde Afrique PĂ©kin doit accueillir en mai son premier Forum international consacrĂ© au nouvel itinĂ©raire. Un changement d’envergure dĂ©cryptĂ© par notre chroniqueur. PubliĂ© le 24 avril 2017 Ă  18h00 - Mis Ă  jour le 24 avril 2017 Ă  18h00 Temps de Lecture 5 min. La Route de la soie version XXIe siĂšcle n’a plus grand-chose Ă  voir avec les caravanes de commerçants chargĂ©es d’épices, de pierres prĂ©cieuses et d’étoffes rares qui traversaient les plaines d’Asie centrale en direction de la Rome antique. Aujourd’hui, c’est en conteneurs que voyagent les tee-shirts chinois. ProblĂšme, ils voyagent de moins en moins, coĂ»tent de plus en plus cher Ă  fabriquer et l’empire du Milieu voit ses taux de croissance s’effondrer. Lire aussi Une nouvelle banque chinoise pour financer les infrastructures de l’Afrique Les dirigeants chinois ont bien assimilĂ© l’interdĂ©pendance entre leur Ă©conomie et celle du reste du monde. Ainsi, quand l’économie mondiale est grippĂ©e, la Chine en fait inexorablement les frais. PĂ©kin joue donc son va-tout sur la scĂšne internationale en multipliant les investissements dans les infrastructures », explique BarthĂ©lĂ©my Courmont, directeur de recherche Ă  l’Institut de relations internationales et stratĂ©giques IRIS et auteur d’une note intitulĂ©e Quand la Chine investit dans les infrastructures ». Un accĂ©lĂ©rateur de la Chinafrique En Ă©conomisant sur les coĂ»ts de transport et de logistique, la Chine espĂšre relancer ses exportations. C’est l’objectif de cette fameuse une ceinture, une route », plus communĂ©ment appelĂ©e nouvelle Route de la soie », qui verra se rassembler une trentaine de chefs d’Etat, dont les prĂ©sidents du Kenya et de l’Ethiopie, Ă  l’occasion de ce premier forum organisĂ© Ă  PĂ©kin les 14 et 15 mai. Les Nations unies, le FMI et la Banque mondiale seront Ă©galement reprĂ©sentĂ©s. AprĂšs avoir boudĂ© les initiatives parallĂšles de la Chine en matiĂšre de dĂ©veloppement et de finance internationale, les grands argentiers de la planĂšte sont aujourd’hui Ă  la remorque de ce projet. Il ne se passe plus Ă  PĂ©kin une rĂ©union internationale ou une visite d’Etat sans que la Route de la soie ne soit Ă  l’agenda. Pour l’Afrique, ce projet est particuliĂšrement important et certains estiment mĂȘme que cette route est avant tout un accĂ©lĂ©rateur de la Chinafrique. Lire aussi L’Afrique pourrait devenir l’usine de la Chine » L’Afrique de l’Est tire notamment son Ă©pingle du jeu et trois pays sont aux avant-postes le Kenya, l’Ethiopie et Djibouti. Sur place, les ports, les voies ferrĂ©es et les routes sont financĂ©s largement par la Chine 4 milliards de dollars 3,7 milliards d’euros pour relier l’Ethiopie Ă  Djibouti, 13 milliards pour irriguer le Kenya d’un maillage de voies ferrĂ©es
 Plus de la moitiĂ© des investissements prĂ©vus par la Chine dans le cadre de cette nouvelle Route de la soie iront Ă  l’Afrique. Ce sont surtout les installations portuaires qui sont concernĂ©es. L’encerclement du continent par une dizaine de ports financĂ©s par la Chine correspond ainsi Ă  cette ceinture » Ă©voquĂ©e par PĂ©kin. 90 % des importations et des exportations africaines passent par la mer. Durban en Afrique du Sud et Port-SaĂŻd en Egypte Ă©tant les deux plus importants ports de conteneurs du continent africain, il Ă©tait indispensable de proposer d’autres portes d’entrĂ©e dans la corne de l’Afrique et en Afrique de l’Ouest et du Nord. Un usage commercial et militaire Pour PĂ©kin, il ne s’agit pas d’un programme d’aide mais bien d’un projet commercial visant Ă  relancer et Ă  fluidifier le commerce international. Une sorte de plan Marshall qui permettrait de servir la demande chinoise en matiĂšres premiĂšres africaines et la demande africaine en marchandises made in China ». CĂŽtĂ© commercial, ce contrĂŽle des mers porte dĂ©jĂ  ses fruits. Les cinq plus importants transporteurs maritimes chinois transportent 18 % des conteneurs qui sillonnent la planĂšte. Concernant les terminaux maritimes, les deux tiers des cinquante plus gros ports de la planĂšte sont financĂ©s par des capitaux chinois Ă  hauteur d’au moins 20 %, selon le cabinet FT Research. Les ports Ă  capitaux chinois voient dĂ©filer les deux tiers des conteneurs qui circulent sur les mers de la planĂšte. Lire aussi Quand la Chine rend l’Afrique plus verte Mais derriĂšre ce programme se cachent Ă©galement des ambitions stratĂ©giques. La Chine entend ainsi se dĂ©velopper comme une nouvelle puissance maritime Ă  mĂȘme de faire face aux Etats-Unis. La pax americana laisserait place Ă  la pax sinica. Plusieurs de ses nouvelles installations portuaires auront en effet un double usage commercial et militaire. C’est le cas notamment de Djibouti qui accueillera la plus importante base militaire chinoise Ă  l’étranger, de Sao TomĂ©-et-Principe, des Seychelles et de Walvis Bay en Namibie. Ces installations, dont la construction doit s’achever d’ici Ă  la fin de l’annĂ©e, accueillent dĂ©jĂ  des militaires chinois et des bateaux de guerre sous couvert de la lutte contre la piraterie ou de la sĂ©curisation des installations portuaires. ProtĂ©ger ses intĂ©rĂȘts Ă  l’étranger Depuis 2015, cette stratĂ©gie a Ă©tĂ© dĂ©finie dans un nouveau livre blanc. Un document qui explique que la marine chinoise n’a plus seulement pour objectif de dĂ©fendre les frontiĂšres terrestres de l’empire du Milieu, mais Ă©galement de protĂ©ger ses intĂ©rĂȘts Ă  l’étranger et les voies de communication maritimes. Ceci explique comment nous sommes passĂ©s d’un chĂšque de 9 milliards de dollars 8,3 milliards d’euros en 2012 pour construire un nouveau port Ă  Djibouti Ă  l’ouverture d’une base militaire cinq ans plus tard – sous couvert d’un centre logistique – devenue le centre opĂ©rationnel militaire de la Chine en Afrique avec prĂšs de 10 000 militaires dĂ©ployĂ©s Ă  terme ! Lire aussi Les petits arrangements diplomatiques de la Chinafrique La Route de la soie version XXIe siĂšcle n’est plus seulement commerciale, ce qui inquiĂšte Ă©videmment les AmĂ©ricains, l’un des seuls pays Ă  ne pas participer Ă  ce projet. Le nouveau secrĂ©taire amĂ©ricain Ă  la dĂ©fense, Jim Mattis, a d’ailleurs effectuĂ© une visite, dimanche 23 avril, de la base militaire amĂ©ricaine Ă  Djibouti, la seule permanente des Etats-Unis en Afrique. C’était la premiĂšre visite en Afrique d’un membre de la nouvelle administration Trump. Le gĂ©nĂ©ral Waldhauser, lui, qui dirige le Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique Africom, avait indiquĂ© en mars au CongrĂšs amĂ©ricain qu’il avait fait part au prĂ©sident djiboutien Guelleh de ses inquiĂ©tudes. J’ai exprimĂ© mes prĂ©occupations sur ce qui est important pour nous que les Chinois fassent ou pas », avait-il dĂ©clarĂ© devant la commission des forces armĂ©es du SĂ©nat amĂ©ricain. Lire aussi Washington compte sur la France pour continuer ses opĂ©rations au Sahel CitĂ© par le Financial Times, un officiel chinois souligne de son cĂŽtĂ© qu’en cas de nouvelle crise militaire en Afrique ou au Moyen-Orient – il fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’évacuation de 36 000 ressortissants chinois de Libye en 2011, nous pourrions Ă©vacuer directement nos ressortissants en utilisant nos propres navires depuis le continent africain vers notre port
 du PirĂ©e » GrĂšce
 Une route qui n’a plus rien de pacifique. SĂ©bastien Le Belzic est installĂ© en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la Chinafrique » et les Ă©conomies Ă©mergentes. SĂ©bastien Le Belzicchroniqueur Le Monde Afrique, PĂ©kin 2dbDzN.